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Jeudi 24 mai 2012 4 24 /05 /Mai /2012 07:42

 

Pistyle

 

 

Le cosmos blanc réfléchit

La lumière universelle

Lorsqu'il égrène

La spirale de ses pétales

Centrée sur un cœur d'or

Il fait le tour de la Terre

Alors il se souvient

De ses vies anciennes

Celles

Où il lui suffisait

d'émettre de nouvelles graines

Pour renaître

A la vie pérenne

A l'amour éternel.

 

 

 

24/05/12

Par Françoise Heyoan - Publié dans : poésie
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Mardi 22 mai 2012 2 22 /05 /Mai /2012 10:59



    Olwen, de la même couleur terreuse que la grotte dans laquelle ils avaient atterri, se remettait difficilement du voyage. Il n'avait jamais aimé la vitesse, encore moins se sentir transporté dans les airs sans avertissement ! Il s'était agrippé à tout ce qu'il avait sous la main et les cuisses : le flanc d'Onufri, le manteau du Cavalier qui avait failli le jeter hors de la monture lorsqu'il avait craqué... Dans un double hurlement, l'un avait rattrapé l'autre par le pied. Cela ne lui avait pas plu du tout, à Olwen, de se retrouver cul par-dessus tête juste au-dessus du vide... Enfin, il avait pu récupérer tant bien que mal une assise précaire mais il avait décidé de ne plus ouvrir la bouche de tout le trajet !... Las, il venait de vomir tout son soûl, et peut-être n'était-ce pas tout à fait fini...


    Cependant, le Cavalier observait les lieux, intrigué et vaguement inquiet... La grotte était certes, magnifique !.. Une falaise à l'Ouest semblait se dresser telle un obstacle incontournable vers d'autres galeries supérieures. Un lac circulaire gigantesque étalait ses eaux d'un vert argenté sous l'arceau de la voûte impressionnante. De hauts buissons obstruaient l'entrée de la cavité qui ne devait pas être explorée par les humains en temps ordinaire. Que faisaient-ils là ? Il maîtrisait certes la technique du voyage instantané, mais peut-être pas si bien que cela, tout compte fait ?... Il sentait que dans tous ses déplacements, il partait droit devant lui pour être ensuite décalé, et ne comprenait pas pourquoi. Il eut soudain envie de chanter. Sa voix grave et agréable s'éleva sous la voûte, et parut aussi claire que l'eau du lac était pure. Un enchantement.



    Olwen cessa de se plaindre intérieurement pour écouter. Cette voix dans ce cadre sublime le guérit de toutes ses angoisses, de tous ses spasmes. Il s'assit et se mit lui aussi, à détailler les lieux. Il rencontra le regard de son compagnon. Il y lut le même étonnement perplexe et légèrement émerveillé...



    Gaïa n'avait plus le cœur d'avancer. Elle s'était levée ce matin-là avec l'âme au bord des lèvres. Elle ne souhaitait plus marcher, ni parler, ni faire quelque effort que ce fût... Ni même vivre, peut-être... D'ailleurs, il pleuvait comme vache qui pisse, comme avait coutume de dire sa grand-mère, avant de partir d'un grand éclat de rire. Ce souvenir ranima l'ancien reflet d'un sourire sur sa figure...
- A la bonne heur ! s'exclama le nain ventru. Enfin, un éclair de vie sous ce feu mourant... Regardez-moi l'allure que vous avez aujourd'hui ! Vous avez une tête à faire peur !... Venez ! J'ai ce qu'il vous faut !...
    Il l'attira vers un torrent glacial qui courait se jeter en cascade dans une piscine creusée dans la roche par l'eau ancestrale.
- Allez ! Lavez-vous ! Ensuite, je vous emmènerai dans un lieu connu de moi seul, où je vous proposerai un envoûtant parfum , croyez-moi ! Et vous allez changer de tenue ! Donnez-moi celle-ci, pendant que vous vous baignerez, je la laverai avec ces brins de saponaire que vous voyez là...
- Pas envie... grommela la belle qui ne l'était plus trop.
    Pazzo eut une moue de surprise agacée, se plaça dans son dos et la propulsa dans le lit agité du torrent. Elle émit un cri aigu, se débattit pour sortir de l'eau saisissante, mais le petit homme s'y opposait en jouant de toute son habileté. Elle rit nerveusement puis s'effondra en pleurs. Il cueillit une poignée de fleurs pâles et la massa vigoureusement. Lorsqu'elle eut retrouvé un semblant de calme, il l'invita à terminer sa toilette. Elle gagna la piscine, s'y engloutit, ôta ses vieux habits et les lui tendit afin qu'il les ramenât à la vie, comme il venait de le faire d'elle-même.



    - Vous ne deviez pas nous transporter vers Gaïa ? s'enquit Olwen, tandis qu'ils dégustaient un oiseau à la broche, devant l'entrée de la grotte.
- C'est ce que j'espérais, mais il semble que je ne sois pas très doué non plus pour les directions ...
    Olwen observa son ami. Il était sombre et renfermé. Il le laissa à son introspection et se remit à étudier les lieux.
- Je suis convaincu que vous n'êtes pour rien dans cette erreur d'embranchement. Je crois en fait, que nous ne sommes pas là par hasard.
- Vous dites ça pour me faire plaisir ? Pour me rassurer ? Vous croyez que l'homme d'armes que je suis se comporte comme une fillette ?...
- Pas du tout ! s'indigna le jeune homme. J'ai beaucoup de respect pour vous, contrairement à vous-même !.. Je suis sûr de ce que j'avance. Je pense que nous devons nous imprégner de l'Esprit des Lieux, et Lui demander notre route... Vous vous souvenez de ce que je vous ai dit à propos du granit ?
- Oui, que je n'avais encore rien compris à rien !...
- Arrêtez, voulez-vous ?! Je vous parle le plus sérieusement du monde.
- C'est qui, l'Esprit de la Grotte, hmm ?... s'enquit le Cavalier de mauvaise grâce.
- Regardez ! Je crois bien qu'il nous a trouvés...
    Une loutre venait d'apparaître, le nez au fil de l'eau, les yeux rieurs... Elle fit quelques circonvolutions en profondeur sans même laisser une bulle éclater derrière elle à la surface, s'approcha tout près d'eux et repartit sur le dos, sans les quitter du regard...
- Je crois bien qu'il nous faut la suivre...
- Vous plaisantez ? Cette petite bête qui ne pense qu'à jouer ? Un Esprit ?...
- Croyez ce que vous voulez, moi j'y vais !
- Hé ! Qu'est-ce qu'on fait d'Onufri ? demanda le Cavalier, soudain convaincu.
- Vous avez l'habitude de l'attacher ou bien... ?
- Non, je vais lui demander qu'il nous attende jusqu'à notre retour... Combien de temps serons-nous absents ?
- Si je le savais !...
- Vous croyez qu'il va falloir nager ?...
Devant le regard noir qu'Olwen lui lança, le Cavalier baissa la tête et s'aperçut que le jeune homme les enchaînait à une épaisse corde de chanvre qu'il avait sortie de son sac.
- Ça promet ! songea-t-il, sans oser donner de la voix. Il se mit humblement à sa suite.
    Ils commencèrent à escalader la falaise Ouest, bien trop verticale et glissante à son goût. Il songea à la facilité des voyages sur le dos de son fidèle Onufri, grâce au bracelet de cuivre, mais sentit qu'il ne devait pas y faire allusion devant le jeune homme. Il poussa un soupir de regret.



    Pazzesco envoyait voler gaiement les mèches couleur de cuivre tout autour d'eux. Il avait entrepris de donner un nouveau visage à la jeune femme, afin de lui rendre le sourire définitivement. Du moins, c'est ce qu'il espérait. Il est vrai qu'à la sortie de son bain gelé, elle avait retrouvé quelques couleurs et de l'énergie. Elle avait accepté sans difficulté qu'il lui taillât les cheveux. Elle en avait assez qu'ils soient tout emmêlés, sans plus pouvoir rien en faire...
- Et le parfum que vous m'aviez promis ? se rappela tout à coup la belle.
   Le Fou se mit à rire :
- Ah ! Ah ! Je me demandais quand vous alliez y penser !... Tenez, regardez... Ou plutôt, humez !...
   Il jeta une poignée d'herbes sèches dans le feu. Aussitôt, une fumée épaisse s'en dégagea, qui embauma. La jeune femme se mit elle aussi à rire :
- Hé mais c'est de la sauge ! Ça sert plutôt à faire rôtir le cochon, non ?...
   Le Fou leva les yeux au ciel :
- Ah la jeunesse ! Plus aucun respect ! C'est un puissant médiateur avec l'Univers...
- Un médiateur ? Vous voulez dire...comme le granit, par exemple ?
- Exactement !... Il leva les yeux au ciel et feignit de marmonner pour lui seul : Dieux du Ciel, soyez remerciés, elle est moins bête qu'il n'y paraît...
   Gaïa semblait tout à fait apaisée, prête à entrer dans le sommeil. Le petit homme la laissa à ses rêveries.



Le piètre grimpeur pestait intérieurement. Après tout, s'il était le Cavalier, ça n'était pas pour crapahuter sur des pentes verticales vertigineuses interminables et dangereuses !... Il tremblait déjà de tous ses membres, et craignait vraiment de lâcher la dernière prise qu'il venait de saisir avec grande difficulté, lorsque le pied d'Olwen lui écrasa la figure :
- Hé ! Tu pourrais pas faire attention ! feula-t-il.
- Regarde ! murmura Olwen en se rétablissant sur un semblant de sentier, tout en haut de la falaise. Un couloir là-bas !...
- Ouais ! Mais va falloir y arriver à ce foutu couloir !...
 Il se débattait pour atteindre de nouveau sa dernière prise qu'il avait lâchée sous l'effet conjugué de la surprise et de la douleur. Ce fut au tour d'Olwen de lui tendre la main.
-  C'est pas du gâteau ! souffla-t-il, dès qu'il fut sorti d'affaire.
A ces mots, il sentit son estomac se tordre. Combien d'heures leur avait demandé cette ascension ? Et s'il fallait encore glisser horizontalement le long de la paroi , avec si peu de prises qu'on pourrait directement piquer une tête dans la piscine au premier faux pas, il préférait ne pas imaginer la suite.



Au petit matin, Gaïa se réveilla en pleine forme. Elle s'ébroua comme aurait pu le faire Onufri. Ce souvenir la ramena douloureusement en arrière, mais elle se dit qu'elle était libre, débarrassée de cet encombrant Cavalier, et après tout, c'était aussi bien ainsi !... Elle s'empêcha d'ajouter qu'elle s'était aussi débarrassée de son amoureux et partit à la recherche d'un repas substantiel. Elle mourait de faim ! Elle fut bientôt attirée par une odeur savoureuse, qui la fit aussitôt saliver ; celle des céréales grillées... Elle fonça droit vers la source de cette délicieuse promesse, songeant déjà à remercier le Fou pour sa délicate attention, et s'arrêta net.



Le Cavalier, à sa grande honte, soufflait comme un bœuf, de peur de rater le sentier savonneux, large comme trois pouces et en dévers, qui versait directement sur l'à-pic. Il craignait aussi d'être responsable de la chute d'Olwen, s'il dévissait, puisqu'ils étaient tous deux liés par cette corde.



Gaïa pensa seulement :
- Pas maintenant ! Et elle hurla de douleur.
Le Fou se leva d'un bond et fut à elle. Il savait qu'il était temps. Il l'avait prévu pour la Nouvelle Lune, et on y serait dans une semaine. Mais c'est dès à présent que le marmot se décidait... Bon, il allait falloir montrer ce qu'il savait faire !...


Ils arrivèrent enfin dans une espèce de boyau ténébreux, noyé d'eau... Leurs chaussures furent aussitôt noyées mais ils avancèrent à tâtons, se cognant la tête, les genoux, les hanches, les coudes, les épaules au fil de leur progression éreintante.


Le Fou s'assura une nouvelle fois que le fœtus se présentait bien par la tête, et s'aperçut qu'il était couronné !... Tiens ! se dit-il, des fois qu'il naîtrait avec son Trône, ce petit-là ! Faudrait beau voir !... La jeune femme suait sang et eau, et les perdit tout à coup...


Olwen découvrit une sorte de montée qu'il lui fallut escalader à plat ventre. Il parvint à une plateforme et mit un pied dans le vide.
- Hééééé ! s'écria le Cavalier, violemment attiré à sa suite. Il s'agrippa à une saillie de la roche au-dessus de lui et retint le jeune homme juste avant la chute.
- Un puits... murmura Olwen.
- Nous v'là bien ! lança son compagnon. Qu'est-ce qu'on va faire ?
   Il ne se voyait certes pas rebrousser chemin !


Le nain avait comprimé un point pour arrêter l'hémorragie. La jeune parturiente avait repris son souffle et s'appliquait à suivre le rythme lent de celui du petit homme qui l'incitait ainsi au calme et à la récupération. Il l'avait mieux installée, profitant de ce moment de répit. Elle sentait le petit chercher la sortie. Elle lui parla intérieurement :
- Vas-y ! Je vais t'aider, ne t'inquiète surtout pas ! Tout va bien...
Son cri zébra le ciel nocturne.


 - J'aperçois des reflets en bas...souffla Olwen... Attendez !
Il se retourna pour dénouer dans l'obscurité la corde qui les reliait.
- Vous êtes sûr que c'est une bonne idée ? s'inquiéta le Cavalier.
   Il hocha la tête, et se rappelant qu'il ne pouvait le voir :
- Ne vous en faites pas !  C'est la rivière qui a creusé la cavité que l'on retrouve en bas. Elle est haute. Il suffit de plonger...
- Quoi ! l'interrompit l'homme désarmé... Pas question ! Je ne sauterai pas !
- Allons ! Je suis sûr que vous serez très fier de vous après ça !
   Olwen eut beau user de tout son pouvoir de persuasion, rien n'y fit. Comme il désespérait de le convaincre, il se rendit soudain à sa volonté :
- Comment ferez-vous pour rebrousser chemin, seul dans le noir ?



Gaïa n'en finissait plus de pousser, mais rien n'apparaissait. Épuisée, elle ne rêvait plus que de s'endormir. Le petit homme chanta pour elle, afin de l'apaiser et de lui rendre des forces. L'enfant s'agitait toujours dans le noir, et commençait à s'engager dans le tunnel étroit du vagin.


- Écoutez ! On va sauter ensemble, voulez-vous ?
   Il renoua la corde autour d'eux et le saisit à pleins bras. Le Cavalier regrettait par-dessus tout d'être là. Il aurait donné n'importe quoi pour changer le cours des événements, porter le bracelet de cuivre et chevaucher Onufri dans la Lumière du grand jour... Loin, très loin de là...


- Je vois les cheveux !
- Il en a ? s'étonna la jeune femme, presque éteinte.
- Oui, comme les vôtres ! C'est sans doute pour cela que je le voyais avec une couronne ! Allez, un dernier effort, ma jolie...
    Elle n'eut pas le temps de penser qu'elle ne devait guère avoir belle apparence, pour l'heure... Ni de s'attarder à l'allusion à la royauté. Elle eut si mal tout à coup qu'elle voulut fuir mais le nain la rassura d'une voix mélodieuse :
- Vous n'avez qu'à imaginer que vous laissez sortir de vous un flot de lumière...



   Dès qu'ils eurent sauté, l'eau devint si lumineuse qu'ils n'eurent même plus la sensation d'être trempés et gelés jusqu'aux os. La loutre vint aussitôt jouer avec eux, et les conduisit à l'extérieur. Ce n'était pas du tout là qu'ils avaient laissé Onufri. Même s'il avait la faculté de se rendre invisible, l'animal n'était pas là. Le Cavalier le sentait. Et de toute manière, il ne reconnaissait aucunement les lieux. Il se désolait déjà d'avoir perdu son fidèle destrier. Olwen ramassa dans la rivière un nodule de silex noir. Elle en était pleine. Il le jeta violemment sur la roche pour le fracasser et obtenir ainsi plusieurs fragments aiguisés. A l'aide de l'un d'eux, il trancha d'un coup sec le lien qui les avait unis dans la grotte.


    Pazzo coupa le cordon et fit basculer le nouveau-né cul par-dessus tête. La petite brailla de toute son âme. Gaïa riait et pleurait en même temps... Après un brin de toilette, l'homme posa l'enfant sur le ventre de sa mère. Le nourrisson entreprit de grimper à l'assaut d'un de ses mamelons. Elle la guida pour emboquer l'aréole et elle se mit à pomper goulûment...
- Elle est bien de ma famille, dit-elle en souriant... Elle aime manger la vie par tous les bouts !...
   Et elle s'endormit. Le nain saisit un des linges propres qu'il avait lavés le matin-même pour la mère et en enveloppa l'enfant qui tétait toujours et finit par s'endormir elle aussi. Alors, Pazzo s'autorisa à s'asseoir auprès d'elles.


Tout à coup, le Cavalier s'écria :
- Regarde !
Et comme Olwen lui lançait un regard interrogateur :
- Tu ne vois donc rien ?!!! Tu es aveugle, ma parole ! L'automne est drôlement avancé !...
- C'est très beau...
- Jeune imbécile ! Quand on est entrés dans la grotte, tu ne te rappelles donc pas que c'était le début du printemps ?!!!
   Olwen comprit tout à coup. Si l'on était déjà à la saison des Cuivres et des Ors, le petit de Gaïa devait être né... Et il n'avait pas été là pour elle !

Par Françoise Heyoan - Publié dans : Contes
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Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 15:59

 

 

16/05/12

 


    Le quotidien italien  Il Fatto Quotidiano  présente ce matin le film documentaire du réalisateur Alessandro Tesei, qui va sortir d'ici quelques jours. Le cinéaste Italien dénonce la mauvaise gestion de la catastrophe par le gouvernement japonais, qui ne fait que mentir à son peuple. Le titre du documentaire lui-même montre qu'il axe son témoignage sur la honte ( the shame, en anglais) que devrait ressentir ce gouvernement qui se permet un « comportement criminel », alors qu'au Japon, l'honneur est une valeur qui se défend au titre même de la vie et de la mort...



   
    Bien que les Japonais soient un peuple conciliant, il n'est pas nécessaire de les traiter pour autant comme des « objets ennuyeux », dénonce A. Tesei. Il s'interroge sur les raisons qui font que le gouvernement impose toujours les mauvais choix  à son peuple, désormais dépourvu de toute illusion. Il pointe aussi du doigt Tepco, chargé de gérer la catastrophe nucléaire, qui ment outrageusement et sert la désinformation gouvernementale.



    Le film présente un inquiétant voyage au travers des villes fantômes à 20 km autour de Fukushima, où les seules formes de vie sont les animaux qui ont survécu à une année entière d'abandon : vaches, brebis, autruches... Mais aussi des dizaines de milliers de chiens, laissés par des familles à qui on a interdit de retourner les chercher.



    Un  voyage de l'angoisse, qui augmente avec l'accroissement des bips du compteur Geiger, « seule voix de vérité au milieu d'une mer de mensonges ». De Koriyam à quelques centaines de mètres de ce qui reste de la centrale, le travail d'A. Tesei montre le contraste entre la beauté d'un espace immergé dans la nature et le danger « invisible et toujours présent des radiations nucléaires ».



    « Le gouvernement a construit des maisons pour les réfugiés à Koryiama, non loin de la zone évacuée et a amassé là des milliers de personnes avec des contrats de deux ans », révèle le reporter : « une folie, si l'on sait aussi que ces villes sont très polluées ». « Cependant, les résidents sont désormais autorisés à retourner dans certains lieux, selon l'avis du gouvernement, qui ont été « nettoyés » et donc qui sont redevenus sûrs »...Il en va ainsi pour le Mur Kawauchi et la partie de Minamisoma qui, il y a quelques mois se situaient dans la zone interdite.

 

 

  " Un comportement criminel », accuse le réalisateur, « le gouvernement se fonde sur le fait que le compteur Geiger enregistre des radiations beaucoup plus basses, sans prendre en considération que les particules radioactives ( qui ont un poids) diminuent dans l'air seulement parce qu'elles se sédimentent dans le sol, rendant impossible tout type de culture. » L'objectif de l'enquête, par conséquent, « est de dénoncer ces comportements à la limite du bon sens et de la démocratie ».

 

 

Malgré l'esprit conciliant des Japonais, les réactions ne manquent pas. «  Je pense qu'une prise de conscience a commencé, même si elle est très lente. » admet Tesei. « La manifestation contre le nucléaire à Tokyo du 19 septembre 2011, en particulier, la plus grande jamais vue dans le pays, l'a démontré. Environ cinquante mille personnes y ont participé. Du reste, conclut le réalisateur, le Japon est le pays où la honte pousse au suicide, où l'honneur est considéré comme étant au-dessus de tout. Et cet accident est justement une de ses plus grandes hontes. »

 

 

 

 

d'après le journaliste Andrea BERTAGLIO

Par Françoise Heyoan - Publié dans : Textes à méditer
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Lundi 14 mai 2012 1 14 /05 /Mai /2012 09:18

 

Gaïa avait feint sa belle assurance. A présent, elle se retrouvait seule, comme amputée d'une partie d'elle-même. Elle erra vaguement à la suite de son amour perdu, et se heurta devant les portes de la cathédrale à une grosse bedaine pleine de soupe.

- Hé ! Pourriez pas faire attention ?!

Le petit homme passa de l'indignation au rire en moins d'une demi-seconde :

- Suis pas une boule, moi !... Même si ch'uis presque circulaire...

Il remarqua la petite mine de la jeune femme et se pencha vers elle, bien qu'elle le dépassât de trois têtes :

- Ben ça a pas l'air d'aller fort, ma p'tite dame !... Qu'y a-t-il pour votre service ? s'informa-t-il en tendant la main...

Habituée à ces boniments et à la générosité d'une reine, elle fouilla dans son sac à la recherche d'...

- Tenez ! lui dit-il doucement.

Il lui proposait un mouchoir, guère propre, mais un mouchoir... Elle émit un bruit incongru pour une jeune et belle dame. Ils se regardèrent et éclatèrent de rire, elle parmi ses larmes qu'elle ne prenait plus la peine de dissimuler.

- Je dois bien avoir quelques sous dans mon escarcelle...

- Gardez-vous en bien ! C'est pas des sous que je veux, c'est vivre ! Vous auriez pas besoin d'un ancien Fou du roi, par exemple ?

Et il se lança dans diverses facéties, allant de la jonglerie à la cabriole, en jouant de la musique sur une flûte dont les aigus la firent voyager bien loin de là... Un Fou de la Reine... Pourquoi pas ? Lorsqu'elle revint sur terre, elle s'aperçut que le petit homme la fixait d'un regard grave et perçant. Elle eut un mouvement de recul...

- N'ayez pas peur, ma p'tite dame ! Je me demandais simplement où je vous avais déjà vue...

Il fit un geste de la main, comme pour effacer sa pensée :

- Mais c'est pas bien grave ! Et si vous voulez garder l'incognito, je sais même être muet comme... un muet !...

Elle fit une mimique de surprise, tandis qu'il riait sans bruit de son petit effet. Elle ne savait plus s'il l'avait réellement reconnue ou s'il bluffait...

- Vous êtes... ?

- Pazzo, Pazzesco, pour vous servir !...

Et comme la jeune femme restait sur sa faim :

- Pazzo le clown, Pazzesco le Fou du roi...Mendiant de la Lune de son état !...

 

 

 

Ce fut assez pour gagner la confiance de la jeune femme. Alors qu'ils avaient fini par prendre la route ensemble, elle se retourna pour l'interroger :

- Vous avez vraiment été Fou ? De quel roi ?

Il avait hoché la tête pour répondre à la première question. Quant à la deuxième, il ne semblait pas bien décidé à y répondre.

 

 

 

 

Olwen, lorsqu'il s'éveilla, s'aperçut qu'il avait enlacé une roche de granit comme un enfant de quatre ans se serait agrippé à son doudou... Il se redressa de toute sa hauteur, s'étira et se sentit ragaillardi, bien qu'on fût selon toute apparence à la mi-nuit... Il remercia la pierre vivante d'un léger battement de paupières et d'une inclinaison du buste et de la tête, un sourire aux lèvres. Il se sentait désormais en confiance. Il n'avait peut-être pas d'Objet-Source-de-Lumière, mais il avait la Roche, la Terre, les Végétaux, l'Air, la Lune pour l'éclairer et le guider sur le bon Chemin. Il fit un pas et ce fut le moment que choisit le renart pour surgir devant lui. Ils s'observèrent un moment. Olwen remercia intérieurement l'esprit du Renart de bien vouloir venir à sa rencontre. Le Renart s'assit sur son précieux postérieur. Sa fourrure et la splendeur de sa queue magnifique n'étaient pas sans rappeler au jeune homme une autre couronne de cheveux couleur cuivre. Dans l'expectative, il essaya de l'interroger, comme il l'aurait fait face à un vieil ami : Que devait-il faire ? Retourner auprès des siens ? Repartir chercher Gaïa ou s'enquérir du Cavalier, avec lequel la quête serait moins ardue ?... Lorsque l'animal disparut dans la nuit, le jeune homme avait pris sa décision.

 

 

 

Il assura sa charge sur son dos, et invita mentalement le Renart, s'il le souhaitait, à l'accompagner. Il allait partir lorsqu'un éclair illumina la nuit. Il fut étonné qu'aucun coup de tonnerre ne le suivît...C'est alors que le Cavalier apparut, juché sur Onufri, brandissant un objet dans sa main gauche. Dès qu'il reconnut Olwen, il éclata d'un rire joyeux, sauta à bas de sa monture de Lumière et lui sauta au cou ! Le jeune homme n'en revenait pas... Comment avait-il fait ? D'où sortait-il ? Il riait avec lui, sans trop comprendre, juste heureux d'avoir retrouvé un ami.

- Vous m'avez donné une sacrée frousse ! se plaignit-il faussement. Que vous est-il arrivé ?

- J'exige d'abord des excuses ! déclara l'homme d'armes avec solennité.

- Des excuses ? s'enquit Olwen avec un sourire d'incompréhension.

- Sur le champ ! confirma le cavalier...

Et comme le jeune homme semblait avoir un éclair de lucidité, il tenta :

- Veuillez m'excuser d'avoir laissé Gaïa s'enfuir une nouvelle fois...

- Gaïa ? s'inquiéta le cavalier, suffoquant de surprise. C'est vrai, ça ! Où est-elle encore passée, cette petite peste ?! Elle n'est pas avec vous ???

Il s'aperçut qu'il venait de l'appeler tout haut comme il ne se le permettait qu'en son for intérieur... Olwen eut un nouveau sourire...

- Oui, enfin, c'est moi qui m'excuse ! Mais de vous, j'attends des excuses valables !...

Et devant l'air interrogateur de son ami, il précisa :

- C'est vrai, quoi, à la fin ! Tout le monde me trouve balourd dans cette histoire, mais c'est bien moi qui ai compris comment disparaître et réapparaître à volonté, non ? Devenir invisible, si vous préférez...

- Veuillez m'excuser, messire, mais je ne suis toujours pas très sûr de comprendre... A tout le moins, c'est merveilleux ! Vous allez pouvoir retrouver Gaïa...

Vaguement interloqué, le cavalier rougit ( il n'était pas si sûr, quant à lui, d'y parvenir...). Cependant, il ordonna, en remontant sur Onufri :

- Suivez-moi !

Et comme Olwen restait là à le regarder :

- Hé bien ! Qu'attendez-vous ? Montez !

Le jeune homme hésitait toujours...

- Que teniez-vous dans votre main gauche à votre arrivée ?

- Ha ?! Mon ami, c'est la clé !...

Il lui montra l'objet d'un geste bref, comme s'il craignît qu'il eût envie de le lui reprendre.

- Mais... C'est le bracelet que j'ai offert à...

- Oui ! Je vous dis : c'est la clé !... Hâtez-vous, que diable ! Il ne nous reste que trop peu de temps d'ici demain !...

Olwen n'eut que le temps, lui, de penser qu'il en avait un peu assez de tous ces changements intempestifs dans sa vie... Il ressentit une drôle de nausée lorsqu'ils disparurent.

 

 

 

 

14/05/12

Par Françoise Heyoan - Publié dans : Contes
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Samedi 12 mai 2012 6 12 /05 /Mai /2012 11:02

 

BIENVEILLANCE

 

J'effeuille la lune d'argent dans le soir

Elle m'ouvre la porte sur la nuit noire

et de ce faîte m'apporte l'espoir

en surbrillance sur la boîte noire

de mes messages, de mes pensées.

 

Je les laisse s'envoler

au gré d'une marée

interne, aux jeux

d'une loutre facétieuse

qui m'accompagne jusque

là où ceux

que j'aime se rassemblent

et veillent...

 

 

12/05/12

Par Françoise Heyoan - Publié dans : poésie
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