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13 Apr

Floralies : poésie printanière - 1

Publié par Françoise Heyoan  - Catégories :  #poésie

SAISONS FLORALES

 

I

 

Et s'il était possible

de s'habiller de fleurs...

 

Il suffirait de sortir

à sa porte

un matin de printemps et de

choisir à volonté un

touché, un velouté, une senteur,

un grain d'or

dans un festival de couleurs.

A peine distingué le pétale

s'adapterait à notre taille

valoriserait notre beauté

animale, s'harmoniserait

à notre teint,

au galbe d'un sein,

à la promesse d'une fesse...

Rien d'impudique, juste

une seconde peau douce

qui maintiendrait à tout

instant la chaleur idéale

pour notre corps-et-ta-mine

resplendirait.

 

II

 

Et s'il était possible

de s'habiller de fleurs...

 

Il suffirait de sourire

de la sorte

un midi de plein été et de

tailler dans la garde-robe

du potager,

du verger,

du fossé,

du talus,

de l'alpage

un carré de tulipes,

un zeste de citronnier,

une pointe de bourrache,

un filament de giroflée

pour tout assembler d'un

geste sûr au goût subtil

telle une écharpe de brume

qui s'échapperait des mailles

des rhododendrons improbables

au détour d'un sentier

de montagne,

pour apparaître dans notre

sublime nudité tendrement

caressée par les vents...

Polissons nos rêves

même les minéraux connaissent

parfois la douceur poudreuse

du talc...

 

III

 

Et s'il était possible

de s'habiller de fleurs...

 

Il suffirait d'ouvrir

sa porte

au soir d'un bel automne et de

cueillir l'arôme des fruitiers

récolter la fragrance du miel

dans les hausses du ciel qui darde

ses rayons jusque dans les bouquets

d'asters

mettre en pots l'odeur des mûres

en train de cuire que dégagent

les bois de résineux au crépuscule

d'une des dernières chaudes journées,

donner un tour et se barbouiller

de gourmandise pas plus ! Pour laisser

vivre chaque couleur et qu'elles se

mélangent à leur guise mais pas trop

afin qu'on voie encore leur origine...

Le corps n'en trahirait aucune

elles en feraient de même pour

le servir sans l'affadir.

 

IV

 

Et s'il était possible

de s'habiller de fleurs...

 

Il suffirait de camoufler

sa porte

aux courants d'air de l'hiver

et de monter les degrés

qui mènent au grenier

où nous aurions séché

en prévision de la mauvaise saison

quantité innombrable de bouquets

pendouillant aux poutres odorantes

offrant leurs couleurs sans âge à

défroisser pour les corps sages à

composer loin de toute précipitation

nuageuse ou coléreuse.

Il ne faudrait surtout pas faire

usage du fer

à repasser vous risqueriez de

brûler ces précieuses beautés

un simple passage de la main

défroisserait les ailes de ces papillons

défraîchis dont la pose sur

votre corps raviverait la luminosité

de vos regards.

 


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