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23 Apr

Couleurs subtiles - Théâtre - Acte IV

Publié par Françoise Heyoan  - Catégories :  #Théâtre

ACTE IV

Scène 1

Milena, Mica, l'instituteur,

dans la salle de classe, après la classe

 

L'instituteur : Tu sais pourquoi j'ai demandé à te rencontrer, Mica ?

 

Mica : Je crois. Milena m'a expliqué. Vous avez décidé d'aider les jeunes à comprendre le code de couleurs des plumes ?

 

L'instituteur : Si je le peux, oui... Si j'ai bien compris, tu peux encore nous aider, toi aussi.

 

Mica : Oui, mais pas bien longtemps. A l'adolescence, on perd le don, et on ne sait jamais quand ça nous arrive. Après, on est comme les parents : aucun souvenir du don qu'on avait, plus jeunes...

 

L'instituteur : Alors, commençons tout de suite. Il paraît que tu as une plume qui a récemment changé de couleur. Tu sais pourquoi ?

 

Mica : Aucune idée... Mais je n'en ai pas qu'une. Six d'entre elles ont changé...

 

L'instituteur : Six ! Mais vous en voyez combien ?

 

Milena et Mica se regardent. On les voit qui comptent mentalement. Elles renoncent...

 

Mica : Au juste, on sait pas exactement... C'est important ?

 

L'instituteur : Bon, passons ! Il ne t'est rien arrivé, ces derniers temps ? Tu n'as rien remarqué de nouveau autour de toi ? Il ne s'est rien passé de particulier ?

 

Mica : Non, je crois pas...

 

Son portable sonne.

 

Mica : C'est Oriane !

 

L'instituteur : Réponds-lui, si tu veux...

 

Mica : Allô ! Salut, Oriane... Oui, en ce moment, ça marche plutôt bien... La tire-lire se remplit... Grâce à l'aide de Milena, aussi... Ciao, à demain ! Merci !

Milena : Mais bien sûr qu'il y a quelque chose d'important qui a changé pour toi, Mica !

 

Mica : Quoi donc ?

 

Milena : Ben ça ! Tu as décidé de moins manger, et tu y arrives !

 

Mica : C'est vrai. Tu crois que ça a un rapport ?

 

L'instituteur : On ne sait pas. Mais on peut toujours surveiller la couleur de cette plume, et ta réussite ou tes difficultés pour tenir ton régime...

 

Mica : C'est pas un régime !

 

L'instituteur : Qu'est-ce que c'est alors ?

 

Mica : Un régime, ça va pas. J'en ai déjà fait des tonnes, ça marche jamais. Si, bien sûr... Un temps... Mais c'est justement ça le problème.

 

L'instituteur : Raconte.

 

Mica : Ben, le temps ! Si tu dis : en ce moment, je fais un régime, c'est pas bon. Il faut barrer le « en ce moment »...

 

L'instituteur : Ça veut dire que tu es prête à te priver tout le temps, alors...

 

Mica : Sauf que tu te prives pas vraiment, tu manges autrement... Euh... Vous, je veux dire. Vous comprenez ?

 

L'instituteur : Tu te fais plaisir autrement ?

 

Mica : Exact. Et plus de frustrations...

 

L'instituteur : Mais si ça ne marche plus... Si tu as envie de revenir à l'ancien régime ?

 

Mica : Vous savez mieux que moi que l'ancien régime est tyrannique ! Non, sans rire... Si j'ai envie de revenir à l'ancien régime, comme vous dites, je crois que ça veut dire qu'il faut modifier quelque chose dans celui que je suis en train de suivre...

 

L'instituteur : Et comment tu sais ce que tu dois modifier ?

 

Mica : En faisant des essais... On a convenu avec Oriane qu'elle m'aiderait à trouver... chaque fois que j'en aurai besoin.

 

L'instituteur : C'est une chouette association... Elle a l'air bien, cette fille...

 

Mica : Vous voulez que je vous la présente ?

 

L'instituteur, piquant un fard : Pourquoi pas ? Ça pourrait être intéressant de confronter nos points de vue pour comprendre le code...

 

Milena : Hé ! Doucement ! On a bien voulu vous mettre au courant, vous, mais on va pas non plus mettre la terre entière dans la confidence !

 

L'instituteur : Elle est de votre village, la surveillante ?

 

Mica : Non, je crois pas...

 

L'instituteur : Alors, où est le risque ? Elle ne vous a pas déjà montré qu'elle était fiable ?

 

Mica : Si, c'est sûr...

 

Milena : Ouais, ben, prudence, quand même !

 

Scène 2

Mica, Milena, sa mère

 

Mica : Ça n'a pas l'air d'aller, maman...

 

La mère : J'ai fait un horrible cauchemar, ça va passer...

 

Milena : Quel cauchemar ?

 

La mère : J'étais dans la forêt, perchée en haut d'un arbre. Tout à coup, un chasseur me voit et me tire dessus. Et je perds toutes mes plumes. Mes belles plumes...

 

Elle éclate en sanglots... Milena et Mica se regardent, désolées.

 

Milena : C'est pas grave, maman. Juste un cauchemar, tu viens de le dire toi-même...

 

La mère : Je n'arrive pas à me défaire d'une tristesse accablante depuis ce rêve.

 

Mica : Tu les as peut-être pas toutes perdues, tes plumes, maman. Juste oubliées...

 

 

Scène 3

Noémie, Milena

 

Noémie : Ta mère devient folle, à ce qu'il paraît...

 

Milena : Qu'est-ce que tu racontes ? Ça va pas, de sortir des trucs comme ça ?!

 

Noémie : Je plaisante pas. C'est ce qu'on raconte... Dans le monde des adultes.

 

Milena : Tu me fais peur. Qu'est-ce que tu sais au juste ?

Noémie : Tu sais pas ce qu'elle a rapporté chez toi, hier soir ?

 

Milena : A part les courses, je vois pas, non !

 

Noémie : Des plumes. Des tas de plumes...

 

Affolée, Milena quitte Noémie en courant.

 

 

 

Scène 4

Milena, Mica, leur mère

La mère est en train de peindre un tableau mural.

Des dizaines de plumes jonchent le sol.

 

Milena, essoufflée d'avoir couru : Maman ! Maman ! Qu'est-ce que tu fais ?

 

La mère, distraitement : Tu le vois bien. Je peins...

 

Mica : Tu peins des plumes ?

 

La mère, sur le même ton : Ça se voit, non ?

 

Milena : Tu dessines aussi des gens ?

 

La mère, riant tout à coup : Je dessine si mal que ça ? C'est ta sœur, voyons !

 

Mica : C'est moi ?! Bizarre...

 

La mère : Il n'y a rien de bizarre là-dedans !

 

Milena : Maman, les voisins disent...

 

La mère : J'espère qu'ils apprécient mon art...

 

Milena : Ils disent que... tu es folle, voilà !

 

La mère, riant de nouveau : Chaque fois que les gens ne comprennent pas quelqu'un, ils préfèrent décider qu'il est fou... Ça leur évite d'avoir à réfléchir...

 

Mica : C'est plutôt joli. Tu en as oublié là...

 

La mère : Merci ! En fait, je n'ai pas encore eu le temps de les faire. Je ne me suis pas trompée dans les couleurs ?

 

Mica, jetant un coup d'oeil vers Milena : Maman, pourquoi tout à coup tu peins des gens avec des plumes ?

La mère : Je ne peins pas des gens avec des plumes, je te peins toi avec tes couleurs subtiles... C'est pourtant visible !

 

Milena : Mais... Tu les... vois ?

 

La mère : Ça te surprend ?

 

Mica : C'est-à-dire que... Enfin...

 

La mère : Écoutez les filles ! Qu'est-ce que vous avez ? Je n'y comprends rien...

 

Milena : Maman, si tu veux bien, on va inviter l'instituteur et la pionne et on va avoir une vraie discussion ensemble. Tu es d'accord ?

 

La mère : Que viennent-ils faire là-dedans ?

 

Mica : On va t'expliquer...

 

Scène 5

Milena, Mica, leur mère,

l'instituteur, Oriane, Noémie

Dans le jardin de la maison familiale de Milena, Mica et leur mère

 

Milena : Bon ! Vous savez tous pourquoi on est réunis aujourd'hui... Les gens pensent que maman est devenue folle parce qu'elle voit ce que les autres adultes ne perçoivent pas, mais que nous, les enfants, nous voyons aussi.

 

Mica : Jusqu'à présent, nous pensions que seuls les enfants avaient cette... capacité. C'est nouveau pour nous que maman l'ait retrouvée. Parce que c'est sûr qu'elle l'avait aussi, étant petite.

 

La mère : Incroyable... Ainsi, j'aurais perdu cette... ce... don ? Puis je l'aurais retrouvé ?

 

L'instituteur : En effet ! Et vous êtes la seule adulte dans ce cas. Ce qui est curieux...

 

Oriane : Je ne pense pas que cela soit si curieux... Avec ses talents de peintre, la mère des filles a pu renouer contact avec des couleurs plus... subtiles !

 

Noémie : Vous croyez que ça pourrait arriver à d'autres adultes ?

 

Oriane : S'ils ont des talents artistiques, pourquoi pas ?

 

Noémie : Il faut décider si l'on doit enlever tous les pinceaux et les boîtes de couleurs aux adultes ou si on les laisse faire !...

 

L'instituteur, amusé : Tu es dure, Noémie ! Si certains d'entre eux ont des talents cachés, au nom de quoi les priverait-on de ce plaisir ?

 

La mère : Ce n'est pas seulement un plaisir. C'est un besoin. Vous dites que je suis devenue folle, il me semble que c'est plutôt avant que j'étais mal. Tant que je n'avais pas trouvé ce qui me manquait profondément, je perdais la joie de vivre... C'est comme si j'avais toujours eu plein de forces en moi qui se battaient pour sortir, et comme si je leur donnais enfin le droit de s'exprimer.

 

Mica : C'est drôle... Moi aussi, ça m'a fait ça, l'autre nuit, quand je suis sortie pour peindre le mur de l'école...

 

La mère : Tu as peint le mur de l'école ? Mais c'est pour ça que ta chemise de nuit était tachée de peinture !..

 

Mica : Oui ! Ce n'était pas très discret, hein...

 

Noémie : Et nous, on s'est donné bien du mal pour faire disparaître toutes les traces de ton œuvre, avec les mères qui allaient rappliquer pour accompagner leur marmaille à l'école ! Il fallait à tous prix éviter qu'elles voient ça...

 

La mère : Pourquoi ?

 

Milena : Mais maman, parce que seuls les enfants savaient qu'ils voyaient les couleurs subtiles de nos corps...

 

Oriane : A propos, je croyais que vous voyiez des plumes, pas seulement des couleurs ?...

 

Mica : T'as raison. En fait, on voit des plumes pendant la mauvaise saison. L'hiver, si tu préfères. En réalité, ça inclut aussi l'automne, avec la rentrée des classes...

 

Milena : Oui. Et dès qu'arrive le printemps, et pour toute la durée de l'été, on ne voit plus de plumes mais des fleurs.

 

L'instituteur : N'importe quelles fleurs ?

 

Noémie : Non. Des cosmos...

 

Un silence s'installe. Chacun médite les paroles des filles.

 

Oriane : Des cosmos ? Pourquoi des cosmos ? Pourquoi pas une autre fleur ?

 

L'instituteur : Mica, pourquoi as-tu peint une lune sur le mur de l'école, en plus de la plume ? Et pourquoi les filles ont-elles eu à cœur de la supprimer aussi ?

 

Mica : Euh... Je crois que c'est en rapport avec la nuit...

 

Milena : Moi, je pense que c'est en rapport avec l'influence des planètes sur nous...

 

L'instituteur : Ne me dites pas que vous croyez à l'astrologie...

 

Noémie : On croit à rien de spécial, nous, m'sieur... On constate, c'est tout.

 

L'instituteur : Vous constatez quoi ?

 

Milena : Y a pas que nous, m'sieur, qui croyons à l'influence des planètes... Les jardiniers, y en a plein qui suivent le calendrier lunaire pour améliorer leurs récoltes. C'est vous qui nous avez appris, en géographie, que les marées étaient sensibles aux différentes phases de la lune...

 

Noémie : Et même les continents ! Pour nous la faire avaler, celle-là, il a fallu que vous soyez drôlement persuasif ! Encore maintenant, on a un peu de mal à vous croire !...

 

Milena : Vous voyez bien à quel point c'est difficile de nous croire. Parce que nous sommes jeunes, les adultes nous croient écervelés et ne nous croient pas... Tu comprends, maman, pourquoi on a essayé de vous cacher le tableau de Mica ?

 

La mère : Maintenant, oui... Je commence à comprendre...

 

L'instituteur : Et si, au contraire, on offrait à tous les adultes des boîtes de couleurs et des pinceaux, ça ne serait pas une petite expérience à tenter ?

 

Milena : Vous êtes fou !

 

La mère : Milena !

 

Milena, baissant la tête : Pardon...

 

Oriane : Je comprends que vous n'osiez même pas l'envisager. Mais nous sommes là, à discuter avec vous, et nous vous faisons confiance. Pourquoi pas les autres adultes du village ?

 

Mica : On sait pas, en fait. C'est quelque chose qu'on ressent comme un danger. C'est tout.

 

Oriane : Le danger n'est peut-être que dans votre imagination. Vous auriez pensé, hier matin, que votre mère pourrait parler de tout cela tranquillement avec vous ?

 

Mica et Milena : Non, c'est vrai...

 

Noémie : Moi, je suis sûre que mes parents ne voudront rien comprendre ! Ils sont bouchés !

 

L'instituteur : Qu'en sais-tu au fond ?

 

Noémie : Je préfère pas essayer !

 

Oriane : D'accord. On va vous laisser vous habituer à cette idée. On en parlera plus tard...

 

Mica : Dis donc, toi, tu dis vite amen aux idées du bel instituteur, non ?

Oriane, rougissante : Mais pas du tout...

 

L'instituteur : Ça ne sert pas à grand-chose de la mettre en boîte...

 

Mica : Tss, tss...

 

Oriane et l'instituteur haussent les épaules en cœur. Éclat de rire des autres.

 

La mère : Je sais que ça va vous paraître tiré par les cheveux, mais s'il y avait un lien entre la fleur du cosmos et le cosmos qui désigne l'univers ?... Ça confirmerait l'intuition des filles à propos des influences astrales...

 

Oriane : Je ne suis pas convaincue. En général, quand quelqu'un exerce de l'influence sur une autre personne, l'influence est réciproque...même si l'un des deux est plus visible que l'autre.

 

La mère : Qu'est-ce qui te dit que l'influence n'est pas réciproque...?

 

Oriane : Vous pensez sincèrement que les astres peuvent nous influencer et que nous pouvons les influencer aussi ?

 

La mère : Je pense que c'est même un début d'explication aux changements des couleurs subtiles. Par exemple, quand on prend une décision...

 

Mica : Ça voudrait dire par exemple qu'en décidant de perdre du poids, j'ai modifié moi-même une couleur subtile et l'astre qui la reflète ?

 

La mère : Pourquoi pas ?

 

L'instituteur : On n'a aucune preuve...

 

La mère : Avant que la science ait suffisamment de moyens pour prouver ce qui ne s'explique pas, il passera encore de l'eau sous les ponts...

 

Mica, se levant et saisissant les pinceaux de sa mère, commence à dessiner des plumes et des cosmos, ainsi que des planètes colorées.

 

L'instituteur : Je propose que chacun réfléchisse et qu'on se retrouve plus tard pour faire le point. Je crois qu'effectivement, nous avons besoin de recul... En attendant, chacun doit s'efforcer de surveiller les changements de couleurs des uns et des autres, surtout ceux de Mica, puisque c'est elle qui a mis les pieds dans le plat...

 

Scène 6

Mica, restée seule dans le jardin

 

Elle continue à peindre. Son tableau représente des sortes de nébuleuses magnifiques.

 

 

 

Scène 7

Mica, Guillaume, Eric

 

Les deux écoliers s'approchent en jouant et riant. Ils voient le tableau de Mica sur le mur du jardin, pénètrent dans le jardin pour admirer.

 

Guillaume : Ouah ! C'est vachement beau ! C'est toi qu'as fait ça ?

 

Mica, agacée d'être interrompue : Non, c'est mon cheval !

 

Eric : Hé ! Tu pourrais être polie !

 

Mica : Soyez sympa, les garçons, retournez jouer dans la rue !

 

Guillaume : D'accord ! Mais avant...

 

Il bondit en avant vers Mica et lui arrache la plume bleue de son poignet gauche...

 

Mica, furieuse, se lançant à sa poursuite : Hé ! Rends-moi ça !

 

Les deux garçons fuient en riant de plus belle. Tout à coup, Guillaume est violemment secoué, jusqu'à ce que la plume lui échappe des mains. Mica se baisse pour la ramasser de sa main gauche.

 

Scène 8

Mica, Oriane

 

Oriane, dans le jardin : Mica ! Mica ! Tu es là ?

 

Mica, arrive, essoufflée : Oui, oui ! C'est bon...

 

Oriane : Qu'est-ce qui t'arrive ?

 

Mica : Ces deux boulets m'ont arraché une plume. Je sais pas si elle était pas d'accord, en tout cas, elle a secoué celui qui la tenait...

 

Oriane, fascinée par les mouvements violents de Mica : Pourquoi tu remues comme ça ? Qu'est-ce qui se passe, Mica ?

 

Mica : C'est cette plume ! Depuis qu'elle est plus attachée à mon poignet, elle me secoue aussi comme un prunier !

 

Oriane : Lâche-la ! Tu verras bien ce qui se passe...

 

Mica : Ouais... Et si elle s'en va, c'est pas toi qui pourras m'aider à la retrouver...

 

Oriane : C'est grave si elle s'en va ?

Mica : Je sais pas si tu te rends bien compte que c'est un morceau de moi, cette plume ! J'ai pas envie de me déboulonner comme une voiture d'occase...

 

Oriane : Tu peux pas continuer à te trémousser comme ça. Appelle ta soeur, elle pourra t'aider, elle, si la plume se sauve, puisqu'elle la voit...

 

Mica : C'est pas une mauvaise idée. Milena ! MILENA !

 

Scène 9

Mica, Milena, Oriane

Dans le jardin

 

Mica, apercevant sa sœur qui arrive, se décide à lâcher la plume. Aussitôt, celle-ci se dirige vers le mur et trempe dans la peinture bleue pour écrire.

 

Texte de la plume sur le mur du jardin :

 

Bleue, je reflète le flot de l'Eau

à travers toi.

A ton poignet gauche,

s'écrit le chemin

de ta relation aux autres,

sans que tu le saches.

Arrachée, je symbolise

pour toi

la peur que tu as quittée

de partager

tes émotions avec les autres...

 

La plume s'arrête d'écrire.

 

Milena : Tu crois qu'elle a fini ?

 

Mica : Comment veux-tu que je le sache ?

 

Oriane : Elle, elle sait.

 

La plume vole et revient se fixer doucement au poignet gauche de Mica.

 

Oriane : En tout cas, il faut absolument prévenir Vincent.

 

Mica et Milena : Vincent ?

 

Oriane : Oui ! L'instituteur...

 

Mica : Tu es toute désignée pour lui annoncer la nouvelle !

 

Milena : Qu'est-ce que t'attends ? Cours !

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