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23 Apr

Couleurs subtiles - Théâtre - Acte III

Publié par Françoise Heyoan  - Catégories :  #Théâtre

ACTE III

 

Scène 1

Milena, l'instituteur,

dans la cour de l'école, à la sortie des classes

 

L'instituteur : Je voudrais parler à tes parents, Milena. Tu pourrais leur dire de venir me voir après la classe ?

 

Milena : Ha bon ? C'est grave ?

 

L'instituteur : Pas du tout ! J'ai juste deux ou trois petites choses à leur dire...

 

Milena : Si vous y tenez, je peux leur faire passer le message. Je me charge très bien des commissions, vous savez...

 

L'instituteur : Si je voulais te dire de quoi je vais leur parler, je te demanderais d'assister à l'entretien...

 

Milena, le coupant : C'est vrai, ça ! C'est une bonne idée ! Je peux venir aussi, alors ?

 

L'instituteur : Milena, la seule commission que je veux que tu transmettes, c'est que je veux leur parler. Je peux compter sur toi ?

 

Milena : Bien, m'sieur !

 

Scène 2

Mica, Oriane

 

Mica : Oriane ! Je voulais te dire... C'est pas la peine pour la glace... C'était gentil de ta part, mais je veux faire attention, maintenant.

 

Oriane : C'est vrai ? Tu ne dis pas ça pour que je ne me sente pas obligée de tenir ma promesse ?

 

Mica : Non, je t'assure. Je veux vraiment faire attention...

 

Oriane : Tu sais comment t'y prendre ?

 

Mica : Ben, la seule chose que je sais, c'est que je dois manger moins. Le problème, c'est que je sais jamais jusqu'à quand je peux tenir avant de craquer...

 

Oriane : C'est obligatoire de craquer ?

 

Mica : Ben, pour les autres, je sais pas, mais pour moi, ça m'arrive toujours, à un moment ou à un autre...

 

Oriane : Tu veux que je t'aide ?

 

Mica : Je vois pas trop comment tu pourrais faire.

 

Oriane : Et si je te servais de confidente ? Chaque fois que tu aurais envie de craquer, tu pourrais m'appeler sur mon portable. S'il n'est pas branché, tu laisserais un message et je te rappellerais.

 

Mica : Ouais... Mais si ça m'empêche pas de craquer ?

 

Oriane : Je sais ! On va dire que tu as le droit de craquer.

 

Mica : Ha bon ? Mais ça sert à rien, alors...

 

Oriane : Si, si... Attends. J'ai une idée. Imagine : chaque fois que tu as envie de craquer, tu dois te soumettre à un petit jeu. Par exemple, si tu ne craques pas, tu mets une petite somme dans une tire-lire. Mais si tu craques, tu dois donner de ton temps à quelqu'un d'autre. A ta mère, par exemple, pour lui rendre un service... Ou aider ta petite sœur à faire ses devoirs...

 

Mica, intéressée : Et ensuite ?

 

Oriane : Ben, faut essayer si tu es d'accord. Si ça marche, par exemple pour économiser, tu peux décider de t'offrir un cadeau avec cet argent, quand tu atteins la somme suffisante. Ce cadeau récompensera tes efforts. Le mieux serait que tu t'achètes une fringue. Comme ça, au fil du temps, tu verrais que tu baisses en taille ! Ou du maquillage pour te faire belle, ou un parfum... Des idées pour se faire plaisir, y en a des tonnes ! Encore mieux : il faudrait que tu laisses toujours une somme minimum dans ta tire-lire...

 

Mica : Pourquoi ça ?

 

Oriane : Ça t'éviterait de craquer tout de suite après ton achat : vu qu'il n'y aurait plus rien dans la tire-lire, le prochain cadeau serait trop loin... Alors que s'il reste de l'argent, ça peut te motiver pour recommencer tout de suite à économiser.

 

Mica : C'est pas une mauvaise idée...

 

Oriane : Alors, tu essaies ?

Mica : Ouais, et je te tiens au courant. Donne-moi ton 06...

 

Oriane : Quelque chose te chagrine ?

 

Mica : Je sais qu'au début : tout nouveau, tout beau ; je vais réussir... Mais je sais aussi qu'il viendra un moment où j'aurai envie de craquer. Malgré le temps que je devrai donner aux autres, je craquerai encore et encore...

 

Oriane : Oui ?

 

Mica : Je n'aurai plus du tout envie de te tenir au courant, tu comprends...

 

Oriane : C'est ton libre-arbitre. Si tu le fais, qu'est-ce que tu voudrais entendre ?

 

Mica : Je sais pas, mais certainement pas une engueulade...

 

Oriane : D'accord ! Je te promets de ne pas te disputer. A ce moment-là, on conviendra d'un rendez-vous pour trouver un nouveau moyen de te motiver. Ça te va ?

 

Mica : Et si ça marche pas ?

 

Oriane : Tu n'en sais rien, au jour d'aujourd'hui... Alors attends de voir...

 

Mica : D'accord ! On essaie !

 

Oriane : Tu essaies...

 

Scène 3

Mica, Milena

Elles arrivent toutes les deux en même temps à la maison

 

Mica, chantonnant : Ça va, toi ?

 

Milena : Je sais pas ce qui peut te rendre si gaie ! Non, ça va pas. Pas du tout !

 

Mica : Qu'est-ce qui t'arrive ?

 

Milena : Il m'arrive qu'à peine arrivé, le nouvel instituteur veut parler à mes parents ! A nos parents ! On est dans la même galère, figure-toi !

 

Mica : Tu dramatises...

 

Milena : Ha oui ?! Je dramatise ! C'est sûr qu'il veut leur parler de la plume que tu as peinte sur le mur, d'ici que maman fasse le rapprochement avec celle qu'elle a trouvé dans tes poches, on est faites !

 

Mica : Et alors ?! Ce sont de simples plumes, non...

Milena, soufflée : De simples plumes ! Tu as subi un lavage de cerveau ou quoi ? Je dois te rappeler tous les risques qu'on court si les adultes découvrent que nous les enfants...

 

Scène 4

Les deux sœurs, leur mère

 

La mère : Si les adultes découvrent quoi, chérie ?

 

Les deux filles sursautent. Elles n'avaient pas entendu leur mère arriver.

 

Mica : Rien, maman...

 

La mère : Je sais, en ce moment, ta sœur dit n'importe quoi parce qu'elle cherche à faire son intéressante. Quant à toi, tu as aussi un comportement étrange en ce moment...

 

Mica : Pardon ?

 

La mère : Tu rentres de l'école et tu n'as pas encore ouvert les placards pour te servir à goûter ?

 

Mica : Heu ! Non, j'ai oublié...

 

La mère : Votre discussion devait être bien importante pour que tu oublies de goûter... Elle sort la plaquette de beurre du frigo et un pain du placard. Elle entreprend de couper des tranches : Tiens, ma chérie, je sais que ça va te faire plaisir...

 

Mica : Non, maman, je t'assure...

 

La mère : Comment non ?! Tu refuses ce que je t'offre de bon cœur...

 

Milena : Maman, fiche-lui la paix si elle te dit qu'elle n'en veut pas...

 

La mère : Tu es malade ? Tu veux que j'appelle le médecin ?

 

Mica se sent de plus en plus mal. Milena, levant les yeux au ciel : Maman, arrête !

 

La mère : Tu pourrais me parler sur un autre ton ! Je m'inquiète pour ta sœur...

 

Milena : C'est de la gaver comme tu le fais qui est inquiétant !

 

La mère : Comment oses-tu ?... Elle s'apprête à quitter la pièce, se ravise : J'aurais dû en parler à ton instituteur...Si j'avais su...

 

Milena : A mon insti... Tu as parlé avec l'insti...

 

La mère : Bien sûr ! Il est très bien, cet homme... Je ne suis pas sûre qu'il se fasse bien respecter... Il se fait bien respecter ?

Milena : Bien sûr ! De quoi vous avez parlé ?...

 

La mère : De choses et d'autres... De choses très importantes te concernant, en tout cas...

 

Milena, blanche depuis tout à l'heure, passe au rouge écarlate : Si c'est important et que je suis concernée, dis-le moi !

 

La mère : Plus tard ! On a bien le temps... Et si on mangeait ?

 

Scène 5

Milena, Noémie

Elles vont à l'école.

 

Noémie : Qu'est-ce que t'as ? T'as pas décroché la mâchoire depuis tout à l'heure...

 

Milena : Ma mère a parlé avec l'instituteur.

 

Noémie : Ha bon ? Qu'est-ce qu'ils se sont dit ?

 

Milena : J'en sais rien du tout, justement ! J'ai bien peur qu'ils aient parlé de tu sais quoi...

 

Noémie : Tu-sais-Qui, tu veux dire... Elle pouffe.

 

Milena : Tu peux pas être sérieuse cinq minutes ?!

 

Noémie : C'est pour compenser, vu que toi, tu l'es toujours pour deux...

 

Milena : Écoute ! C'est drôlement grave si l'instituteur a parlé de la peinture à la plume à ma mère, ça veut dire qu'il peut mettre tous les parents au courant. Il a parlé avec les tiens ?

 

Noémie : Non. T'es sûre qu'ils ont parlé de ça ? Ils ont peut-être juste parlé de toi, tes résultats monstrueusement satisfaisants pour quelqu'un de ta petite taille, par exemple, ou ta conduite désastreuse quand tu lui as promis de te débarrasser purement et simplement de lui...

 

Milena : Très drôle...

 

Noémie : Mais peut-être vrai...

 

Milena : Tu veux pas me rendre service ?

 

Noémie : Quel genre de service ?

 

Milena : Je sais pas, moi. Tu vas voir l'instituteur, ou ma mère, et tu essaies de savoir discrètement de quoi ils ont parlé hier soir...

 

Noémie : Je veux bien essayer, mais je te promets rien...

Milena : Sympa ! Si au moins, les garçons ne les voyaient pas...

 

Scène 6

Mica, son portable à l'oreille

 

Mica : Allô ! Oriane ?

...

Mica : C'est chouette que tu sois là ! C'est pour... Tu sais bien !

...

Mica, se mettant à pleurer : Je suis nulle. Tu t'rends compte. Pourtant, je t'assure, j'étais bien décidée à y arriver, quand je t'ai quittée hier soir. Hé ben, j'ai craqué aussitôt que je suis rentrée...

...

Mica : Tu crois ? En fait, j'ai pas craqué tout de suite. C'est ma mère qui a insisté pour que je goûte, mais Milena m'a défendue...

...

Mica : Tu crois ? Oui ! C'est une bonne idée. D'accord !

 

 

Scène 7

Milena, Mica, dans leur chambre

 

Milena : T'as pas l'air en pleine forme, toi !

 

Mica : Tu t'es pas vue...

 

Milena : Ouais, bon ! On commence par toi...

 

Mica : D'accord ! D'autant plus que je dois te proposer quelque chose.

 

Milena attend, interdite.

 

Mica : Tu sais, hier, pour le goûter...

 

Milena : Oui, je sais. C'est pas sympa, ce qu'elle a fait maman...

 

Mica : Tu crois ?

 

Milena : Bien sûr ! Tu voulais éviter de manger, c'est ça ?

 

Mica : Ben oui ! Et j'ai craqué comme une grosse nulle que je suis...

 

Milena : Arrête ! Ça sert à rien de t'enfoncer. Et puis je suis pas sûre que tu sois si nulle que ça, tu as juste besoin d'un petit coup de pouce. Si tu veux, je t'aiderai à te défendre de maman...

 

Mica : C'est gentil, ça. Je veux bien. A ce propos, je dois passer du temps pour toi. Tu veux que je t'aide à faire tes devoirs ?...

 

Milena, riant : Mes devoirs ? Il y a longtemps que je les fais toute seule, mes devoirs !..

 

Mica, déçue : Je sais ! Raté...

 

Milena : Non, non ! Attends ! J'ai quelque chose à te demander...

 

Scène 8

L'instituteur, Noémie

 

L'instituteur : Tu viens en éclaireur, Noémie ?

 

Noémie le regarde, surprise.

 

L'instituteur : C'est ta copine qui t'envoie, non ?

 

Noémie rougit et baisse la tête. Elle va pour s'en aller.

 

L'instituteur, la retenant : Non ! Attends ! Maintenant que tu es là, vas-y ! Je t'écoute.

 

Noémie : Si c'est pour vous moquer de moi, sûrement pas !

 

L'instituteur : Allez, ne te vexe pas... Tu veux savoir si j'ai vendu la mèche auprès de la mère de Milena, c'est ça ?

 

Noémie : Quelle mèche ?

 

L'instituteur, souriant : Disons que je parle d'une certaine peinture de plume qui vous a toutes mises en émoi le jour de mon arrivée...

 

Noémie : Vous en avez parlé à la mère de Milena ou pas ?

 

L'instituteur : Tu étais plus polie que ça, le premier jour... Je ne mérite donc plus ton respect ?

 

Noémie baisse de nouveau la tête.

 

L'instituteur : Allons ! Relève le menton. Non, je n'en ai pas parlé. J'ai cru comprendre que c'était important pour vous... Mais je vous préviens, je veux une explication en bonne et due forme, sinon je convoque tous les parents en réunion pour les avertir qu'il se passe de drôles de choses chez les enfants de ce village...

 

Noémie : C'est impossible !...

 

L'instituteur : Qu'est-ce qui est impossible ?

 

Noémie : Nous ne pouvons parler de ce sujet à aucun adulte...

 

L'instituteur : A aucun adulte de votre village ?

 

Noémie : Oui, je suppose...

 

L'instituteur : Hé bien, le problème est résolu. Je ne suis pas du village...

 

Noémie : Vous avez peut-être raison. Mais vous devrez promettre de rien dire aux autres...

 

Scène 9

Mica, sa mère

 

Mica : Maman, je voudrais te parler...

 

La mère : Vas-y, ma chérie. Je t'écoute...

 

Mica : Voilà ! Tu as vu l'instituteur hier. Tu l'as trouvé comment ?

 

La mère : Que veux-tu dire ?

 

Mica : Je sais pas, moi. Gentil, fiable ? Ou qui raconte de drôles de trucs, des fadaises ?...

 

La mère, riant : Vous vous faites une drôle d'idée des instituteurs, ta sœur et toi ! Des fadaises ?!

 

Mica : Oui ! Ça t'a paru normal, ce qu'il t'a raconté ?

 

La mère : Dis donc, je te vois venir, toi ! Tu ne travaillerais pas pour le compte de ta sœur, par hasard ?

 

Mica : Pas du tout ! Qu'est-ce que tu vas chercher ! Je le trouve bizarre, c'est tout...

 

La mère : Tu le trouves bizarre ? Tu l'as déjà rencontré ?

 

Mica : Euh ! Non...

 

La mère : La discussion est donc close.

 

Scène 10

L'instituteur, Milena, Noémie, leurs copines d'école

Dans la salle de classe, en fin d'après-midi après la classe

 

L'instituteur : Vous avez bien prévenu vos parents que nous avions une sortie à préparer ?

 

Noémie : Oui ! Mais s'il n'y a pas de sortie, je vois pas comment ils pourraient nous croire plus longtemps...

L'instituteur : Ne vous inquiétez pas ! Il y aura effectivement une sortie pédagogique...

 

Les filles : Ouais ! Où ça, m'sieur ?! Allez, s'il-vous-plaît, m'sieur, dites-le nous à nous !...

 

Milena, excédée : On est pas là pour ça ! Qu'on en finisse ! On saura à quelle sauce on va être mangées...

 

L'instituteur : Je déteste le ragoût de petites filles... Je suis végétarien, comme loup...

 

Noémie : Est-ce que vous savez déjà quelque chose, monsieur ?

 

L'instituteur : Si je comprends bien, je dois résumer. Vos parents ne doivent pas savoir que quelqu'un a représenté une plume et une lune sur le mur de l'école...

 

Milena : La lune, on s'en fiche...

 

L'instituteur : Ha bon ? Je peux donc leur dire...

 

Toutes les filles : NON !!!

 

L'instituteur : Ha bon ?!

 

Milena : On va tout vous expliquer...

 

L'instituteur : Enfin !

 

Milena : Là d'où vous venez, les enfants n'ont aucune particularité ?

 

L'instituteur : Pas que je sache...

 

Noémie : Elle est idiote, ta question ! Va poser la même à n'importe quel adulte du village, il te répondra la même chose que lui !...

 

Milena : Oui, sans doute... Bon, hé ben nous, les enfants de ce village, on voit des choses... que les adultes ne soupçonnent pas...

 

L'instituteur : Des choses ? Quel genre de choses ?

 

Milena : Écoutez ! Si vous nous interrompez tout le temps, on va jamais y arriver ! On voit des choses subtiles... Des couleurs, sur le dos des gens, des animaux aussi...

 

L'instituteur : Des couleurs ? Celles de leurs vêtements, alors ?

 

Milena : Subtiles, on vous dit ! En fait, c'est... des plumes !

 

L'instituteur : Tu plaisantes ?

 

Milena : Je sais que ça a l'air idiot. On est pas des anges... Personne ! Et pourtant, on voit des plumes de couleurs sur les gens...

 

L'instituteur : Moi qui croyais qu'on était des mammifères...

 

Milena, soupirant : Écoutez ! Si vous continuez à vous moquer, je me tais...

 

L'instituteur : Ne te fâche pas ! Qu'est-ce que tu es sérieuse ! C'est bien ce que je disais à ta mère, l'autre soir...

 

Milena : Ha bon ? Pourquoi vous lui avez dit ça ?

 

L'instituteur : Parce que je te trouve trop sérieuse, pour une gamine. Tu devrais plus jouer, à ton âge, au lieu de te prendre la tête...

 

Milena : Vous êtes bien content que je me prenne la tête à vous expliquer notre secret...

 

L'instituteur : C'est vrai. Pardonne-moi. Continue...

 

Milena : Avant, je veux savoir ce que vous avez dit d'autre à ma mère...

 

L'instituteur : Je te promets que je t'en parlerai après. Rien de grave, rassure-toi... Mais continue...

 

Milena : D'accord. Les plumes sont...translucides. Elles changent de temps en temps de couleurs, et ça veut toujours dire quelque chose.

 

L'instituteur : Quoi ?

 

Milena : On sait pas trop, justement... C'est embêtant, finalement, parce qu'entre enfants, on est pas assez grands pour comprendre le message.

 

L'instituteur : Tu es sûre qu'il y a un message ?

 

Milena : Oui ! Comme quand vous ressentez une douleur, ou que vous attrapez la grippe : c'est bien un signal pour vous dire de faire attention à vous, non ?

 

L'instituteur : Sans doute !

 

Milena : Mais là, c'est encore plus subtil... C'est pour ça que c'est dur à comprendre.

 

L'instituteur : A quoi tu penses ?

 

Milena : Je pense que ma sœur Mica vient justement de changer de couleur de plume...

 

L'instituteur : Toutes ses plumes ?

 

Milena : Non. Une seule...

 

L'instituteur : Tu as une petite idée de la raison ?

 

Milena : Aucune...

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