Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
11 Oct

Art poétique

Publié par Françoise Heyoan  - Catégories :  #Petites explications...

Écrire...

 

 

Quand j'écris une histoire, j'ai une idée en tête, bien sûr... mais je sais que, très bientôt, c'est l'écriture qui m'emmènera quelque part, en un lieu surprenant, que je n'avais pas du tout prévu.

Quand j'en arrive là, je me sens parfois complètement perdue. Et je suis tentée de laisser tomber. A quoi bon ! Je ne sais même pas où j'en suis ! Plusieurs mois peuvent passer, et je suis persuadée que c'est moi qui ai perdu mon histoire...

Mais un jour, elle me rattrape et me titille... Allons bon ! Il va bien falloir que je m'en occupe pour avoir la paix !

Je l'ai totalement oubliée, à part le sujet dont je me rappelle vaguement, les personnages principaux, surtout. Alors, je la relis. Comme si je découvrais un livre que je viens d'acheter en librairie, et je me demande : Est-ce qu'il me plairait, ce bouquin, ou est-ce que je laisserais tomber en cours de route ? Je suis comme ça, laisser tomber me coûte peu de regrets, quand je lis. Si le livre ne me convient pas, et que personne n'avance d'arguments convaincants qui me donnent réellement envie de reprendre la lecture, je laisse tomber. J'attends d'un bouquin qu'il me passionne, de bout en bout de préférence, même si je suis capable d'avaler les 50 premières pages souvent imbuvables d'un pavé pour savourer la suite... Mais au bout de 50 pages...

Bref ! Je relis donc mon histoire comme si j'avais affaire à une inconnue. J'avoue que souvent, au bout de quelques minutes, je m'aperçois que je suis prise par le fil, à moins que je m'en rende compte seulement à la fin, en pestant de ne pas connaître la suite... Je suis bon public, avec moi-même, non ?

Le fil ! S'il n'y en avait qu'un, ça ne serait pas aussi compliqué ! Le problème, c'est que je m'y suis prise comme l'enfant qui cueille des brins de jonc pour s'amuser à les tresser joliment. Je n'en suis qu'à l'étape où je les assemble par un premier nœud. Mes brins partent dans différentes directions, même si le point de départ leur est commun, et ils suivent leur bout de chemin tranquillement, sans s'occuper de ma peine à les rassembler. J'exagère peut-être, mais si peu...

Je rattrape certains brins avant qu'ils ne m'échappent totalement et je les assemble, une tresse ici, un joli nœud là... Cette fois, je fais du macramé... Ça me plaît, mais réussirai-je à rattraper tous les brins ensemble pour former l'épissure finale ? Je n'en sais rien... J'assemble les brins et ce faisant, j'éprouve un plaisir incroyable, comme si je jouais avec un casse-tête chinois. Mais je ne sais jamais, avant d'arriver au bout, si je vais réussir ou devoir abandonner une nouvelle fois...

Parfois, je raccroche plusieurs fois mon ouvrage au clou, et je me consacre à un autre qui m'appelle, plus urgent. Il m'arrive d'avoir plusieurs ouvrages en cours accrochés au mur de mon atelier, et je passe de l'un à l'autre, quand ils me sont devenus suffisamment étrangers pour que je les prenne de nouveau entre mes doigts, que mes yeux portent sur eux un regard neuf, afin de pouvoir tisser un nouveau carrefour, une nouvelle place, un nouveau forum qui m'ouvre de nouvelles perspectives sur la suite de la construction.

J'aime en général finir tôt. Contrairement à mes lectures favorites que je choisis de préférence longues, voire formées de plusieurs tomes. J'ai énormément de mal à m'arracher à l'univers d'un livre pour passer à un autre. C'est comme un traumatisme à surmonter, comme si l'auteur qui m'avait accompagné pendant une période de ma vie au fil de ses pages, me laissait choir brutalement. Comme s'il m'abandonnait à mon sort... En revanche, j'ai souvent hâte de quitter une histoire que j'imagine. J'ai un peu peur qu'elle enchevêtre les fils dans une pelote dont les nœuds pourraient devenir inextricables... J'aime aller au plus court, j'aime le triomphe du point final. Et cependant, j'aime les défis... et j'aime apprendre. C'est pourquoi, je me suis lancée dans une histoire longue, qui me donne bien du fil à retordre, mais n'est-ce pas sa première raison d'être ? Espérons que les lecteurs apprécieront de démêler eux aussi l'écheveau que je leur soumets timidement...

 

 

Commenter cet article

claire 07/11/2009 18:04


c'est vrai , l'ecriture embarque là où on ne sait pas... j'ai ecris un roman ado comme cela, le matin je me mettais devait mon ordi comme on se met dans un fauteuil avec un livre... mais c'est
tellement mieux le fauteuil... et aussi le stylo pour ecrire... enfin bon, l'ordi est un outil passionnant. bref je ne cehrchais aucune idée j'ecrivais un mot ou une phrase et le reste venait...
quant aux personnages, impossible de savoir vraiment qui ils etaient... ceux que j'aurais voulu desagéables ne l'etaient jamais vraiment... et m'etonnaient toujours...
je prendrais le temps de venir te lire j'aime bien ce que tu dis!


Françoise Heyoan 07/11/2009 20:17


Merci. Ca fait toujours plaisir...


Archives

À propos

Mes contes, mes poèmes, mes calligraphies, mes dessins, mes peintures ( aquarelle, encre de Chine...), aïkido...