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01 Feb

AUTEURS ITALIENS : LE CHOIX ENTRE S'AUTOCENSURER OU PAYER EN CAS DE PROCES...

Publié par Françoise Heyoan

    Dans la page culturelle ( Saturno) du journal italien Il Fatto Quotidiano, Armano Antonio évoque les procès de plus en plus nombreux intentés aux auteurs ( apparemment, ceux de l'éditeur  Mondadori  seraient les plus visés...).


    Une clause juridique, la Manleva* ( main levée), tombe à point pour dégager les éditeurs de toute responsabilité. Seuls les auteurs auront à payer les frais de procès et autres indemnités, toujours plus exhorbitantes d'ailleurs... S'ils veulent éviter les mises en accusations, ils n'ont qu'à s'autocensurer !


    Les auteurs italiens se voient contraints de réagir sous couvert de l'anonymat !... L'un d'eux explique que l'origine de la recrudescence des procès intentés aux auteurs correspond à « l'entrée en politique » de Berlusconi ( la discesa in campo di Berlusconi, allusion à une expression italienne faisant référence à une arrivée sur le champ de bataille...). Il est vrai que les livres d'enquête sont devenus un moyen primordial de réflexion civique...


    Mais les romans sont également la cible des accusateurs. Ainsi celui de Loriano Machiavelli, intitulé Strage ( Massacre), sur l'attentat de la gare de Bologne, a été dénoncé à cause du personnage secondaire dont il n'a pas modifié le nom : Sergio Picciafuoco, le responsable de l'attentat. Le livre a depuis disparu des vitrines et n'y a jamais reparu... Einaudi Stile Libero, autrement dit Mondadori, a proposé à Machiavelli de le rééditer, ce que l'auteur a accepté à la seule condition qu'en cas de procès, il soit épaulé par l'éditeur. Même dans ce cas, et bien que Picciafuoco soit mort entre temps, son nom a été ôté de la nouvelle édition...


    Les Chemins de Fer ( italiens) ont demandé une indemnité de 26 millions à l'auteur Claudio Gatti, pour son livre Fuori Orario ( Hors des Horaires), un livre d'enquête dont les accusations  étaient fortes mais hyper documentées. Il s'agit de la plus importante indemnité demandée à ce jour... Les entrepreneurs et les politiques sont ceux qui intentent le plus de procès, mais pas tous. Berlusconi ne l'a jamais fait, par exemple, ni Andreotti.


    Désormais, les éditeurs paient les services d'un avocat pour s'assurer que les livres qu'ils choisissent d'éditer éviteront les procès... Michela Murgia, auteure de Il Mondo deve sapere ( Le Monde doit savoir), pour pouvoir être éditée, a dû assurer à Isbn Editions que tout ce qu'elle avait écrit était vrai, et a dû modifier certains détails, comme enlever du texte l'expression « organisation nazie du travail » et ôter un nom réel. En échange, l'éditeur lui a garanti d'assurer les frais d'un procès éventuel, même en cas de condamnation.


    L'avocat Alberto Mittone, consultant historique pour Einaudi, explique que les noms réels doivent être absolument évités, hormis dans le cas d'une autobiographie.


    Édifiant, non ?... ( Ça, c'est mon grain de sel...)

 

 

01/02/12

D'après l'article de Armano Antonio :

lien

 

 

*Manleva : d'après le dictionnaire Hoepli.it, signifie : acte grâce auquel une banque ou toute autre entreprise se dégage de toute responsabilité juridique à propos d'un fait commis par un tiers.

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