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30 May

De la difficulté à rester fidèle à soi-même

Publié par Françoise Heyoan  - Catégories :  #Textes à méditer

 

 

Je ne sais pas si vous avez déjà remarqué comme il est difficile d'être soi-même avec les gens qu'on aime...

 

Avec les gens qui n'ont que peu d'importance à nos yeux, rien ne nous empêche de dire clairement ce qu'on pense, si on en éprouve le besoin, ou de n'en rien dire, si on ne veut pas se donner cette peine. Qu'importe ?

 

Avec ceux qu'on aime, ou qu'on apprécie, tout simplement, c'est une toute autre affaire... Et pourtant, il est si facile de s'illusionner ! D'être sûr(e) à 100% qu'on est entièrement soi-même, alors qu'on tente juste de satisfaire l'autre pour ne pas entrer en conflit, et risquer... de perdre son amour !... Ou risquer... une mauvaise réputation !

 

Tant qu'être soi-même n'implique pas de désaccord avec l'autre, tout paraît facile. Dès que cela nécessite une simple confrontation de points de vue, las... Tout se complique ! Je parle ici de décisions importantes, ou d'amitié, ou de philosophie de vie, ou de conception d'une vie de couple, par exemple ; pas des ajustements quotidiens nécessaires pour qu'une vie de famille ou de couple tourne.

 

Je ne remercierai jamais assez Jacques Salomé de m'avoir appris, par la lecture de ses bouquins, à rester fidèle à moi-même, quelles que soient les circonstances ou la personne que j'ai en face de moi... Même si j'ai eu des périodes de doutes cruels, même si j'ai perdu des gens que j'aimais, je me suis appliquée, chaque fois qu'une décision importante s'imposait, à suivre ce principe : rester fidèle à moi-même. Je m'en suis félicitée chaque fois, et je m'en félicite aujourd'hui encore.

 

Il ne s'agit pas d'agresser les autres à tous bouts de champs, ni de les contrer pour le plaisir de se sentir exister. Non. C'est bien plus profond que cela. C'est le sentiment que si on accepte d'aller dans le sens de l'autre, à contre-cœur, on se perd soi-même, on garde au fond de soi un sentiment d'insatisfaction ou de frustration permanent, ou qui devient vite récurrent... même si on s'efforce de l'éliminer, de le refouler, de le contrer... Il reste là, comme une seconde peau, comme un compagnon indésirable et pourtant ô combien présent !... Alors que le contraire s'avère également dans toute sa force : lorsque vous êtes resté(e) fidèle à vous-même, vous en ressentez un profond sentiment de satisfaction, intense, même si vous tremblez encore de perdre l'autre... Et quand bien même ?... Vaut-il mieux perdre l'autre ou... soi-même, pour le reste de sa vie ?...

 

Dès l'enfance, les parents de ma génération nous ont bien  fait comprendre que si nous nous aventurions à les défier, nous risquions de perdre leur amour... Même s'ils n'osaient pas énoncer un chantage pareil à haute voix, une infinité de signaux nous le faisaient comprendre sans hésiter. Chaque fois que nous choisissions d'être nous-même alors que cela nous mettait en conflit avec eux, nous apprenions que le fait d'être soi-même nous mettait en danger, nous confinait dans un monde d'insécurité. Et nous avons grandi en cultivant patiemment cette illusion qui nous faisait tant peur. Au contraire, plus nous réussissons à décider de nos choix en conscience, plus nous grandissons en force et en confiance en soi. Mais cela, nous ne le découvrons que si nous osons franchir le pas. Et il ne suffit pas de le franchir une fois. Chaque fois, le même combat s'opère en nous-même. Il est nécessaire de réaffirmer notre fidélité à soi-même régulièrement, quel que soit notre âge...sans se lasser.

 

Encore une fois, il ne s'agit pas de pousser les adolescents à entrer en conflit systématique avec les adultes !... Ils savent bien s'en charger tout seuls, sans qu'on les y pousse !... Il ne s'agit pas de pousser qui que ce soit à la contradiction pour la contradiction. Il s'agit de penser en son âme et conscience à ce qui nous paraît important, voire essentiel, dans notre vie, et de le défendre, tranquillement, en haussant ou non le ton.

 

30/05/10

 

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