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16 May

FUKUSHAME, THE LOST GARDENS OF JAPAN

Publié par Françoise Heyoan  - Catégories :  #Textes à méditer

 

 

16/05/12

 


    Le quotidien italien  Il Fatto Quotidiano  présente ce matin le film documentaire du réalisateur Alessandro Tesei, qui va sortir d'ici quelques jours. Le cinéaste Italien dénonce la mauvaise gestion de la catastrophe par le gouvernement japonais, qui ne fait que mentir à son peuple. Le titre du documentaire lui-même montre qu'il axe son témoignage sur la honte ( the shame, en anglais) que devrait ressentir ce gouvernement qui se permet un « comportement criminel », alors qu'au Japon, l'honneur est une valeur qui se défend au titre même de la vie et de la mort...



   
    Bien que les Japonais soient un peuple conciliant, il n'est pas nécessaire de les traiter pour autant comme des « objets ennuyeux », dénonce A. Tesei. Il s'interroge sur les raisons qui font que le gouvernement impose toujours les mauvais choix  à son peuple, désormais dépourvu de toute illusion. Il pointe aussi du doigt Tepco, chargé de gérer la catastrophe nucléaire, qui ment outrageusement et sert la désinformation gouvernementale.



    Le film présente un inquiétant voyage au travers des villes fantômes à 20 km autour de Fukushima, où les seules formes de vie sont les animaux qui ont survécu à une année entière d'abandon : vaches, brebis, autruches... Mais aussi des dizaines de milliers de chiens, laissés par des familles à qui on a interdit de retourner les chercher.



    Un  voyage de l'angoisse, qui augmente avec l'accroissement des bips du compteur Geiger, « seule voix de vérité au milieu d'une mer de mensonges ». De Koriyam à quelques centaines de mètres de ce qui reste de la centrale, le travail d'A. Tesei montre le contraste entre la beauté d'un espace immergé dans la nature et le danger « invisible et toujours présent des radiations nucléaires ».



    « Le gouvernement a construit des maisons pour les réfugiés à Koryiama, non loin de la zone évacuée et a amassé là des milliers de personnes avec des contrats de deux ans », révèle le reporter : « une folie, si l'on sait aussi que ces villes sont très polluées ». « Cependant, les résidents sont désormais autorisés à retourner dans certains lieux, selon l'avis du gouvernement, qui ont été « nettoyés » et donc qui sont redevenus sûrs »...Il en va ainsi pour le Mur Kawauchi et la partie de Minamisoma qui, il y a quelques mois se situaient dans la zone interdite.

 

 

  " Un comportement criminel », accuse le réalisateur, « le gouvernement se fonde sur le fait que le compteur Geiger enregistre des radiations beaucoup plus basses, sans prendre en considération que les particules radioactives ( qui ont un poids) diminuent dans l'air seulement parce qu'elles se sédimentent dans le sol, rendant impossible tout type de culture. » L'objectif de l'enquête, par conséquent, « est de dénoncer ces comportements à la limite du bon sens et de la démocratie ».

 

 

Malgré l'esprit conciliant des Japonais, les réactions ne manquent pas. «  Je pense qu'une prise de conscience a commencé, même si elle est très lente. » admet Tesei. « La manifestation contre le nucléaire à Tokyo du 19 septembre 2011, en particulier, la plus grande jamais vue dans le pays, l'a démontré. Environ cinquante mille personnes y ont participé. Du reste, conclut le réalisateur, le Japon est le pays où la honte pousse au suicide, où l'honneur est considéré comme étant au-dessus de tout. Et cet accident est justement une de ses plus grandes hontes. »

 

 

 

 

d'après le journaliste Andrea BERTAGLIO

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