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19 Feb

La Hojarasca - Gabriel Garcia Marquez - Colombie

Publié par Françoise Heyoan  - Catégories :  #Critique d'art...

 

Des Feuilles dans la Bourrasque

Gabriel Garcia Marquez

Traduit de l'espagnol ( Colombie) par Claude Couffon

Ed. originale à Bogota en 1955 par les Ediciones SLB

Titre original : La Hojarasca

Ed. Grasset 2004

 

Elle s'est habillée pour la circonstance, et en a fait de même pour son jeune fils, mal à l'aise dans son costume qui le gratte et lui tient chaud dans la fournaise ambiante. Elle a obéi à l'ordre de son colonel de père qui s'est promis d'honorer la dépouille du docteur, quand bien même personne ne suivrait son cortège funéraire dans le village, et chacun se réjouirait de sa disparition et en voudrait au colonel et à sa famille de lui montrer du respect.

 

Chaque personnage de cette triade prend tour à tour la parole. Le petit qui ne comprend pas ce qui se passe, qui subit la chaleur, les odeurs putrides, surtout dans cette chambre dont le mort ne sortait plus et où il entassait ses déchets... La mère ( ou la fille, suivant le point de vue...) qui attend la suite des événements en redoutant l'avenir, surtout pour son fils qui ne sera plus accepté par les autres après avoir assisté à ce cortège funéraire, même si elle n'a pas eu le courage d'y aller sans lui... Le père, ou le colonel, qui se rappelle à l'instar des deux autres, l'étrange arrivée de ce docteur, peut-être Français d'origine, qui s'est déjà présenté à lui et à sa famille sous un malentendu, qui s'est installé huit années à demeure, qui a débauché leur bonne et refusé de soigner les blessés quand la guerre a frappé à la porte du village...

 

C'est surtout cela que les citoyens ne lui pardonnent pas.

 

Étrangement encore, ce n'est pas lui que le village attendait quand il est arrivé, mais un prêtre... Celui-ci est entré de l'autre côté, en toute discrétion, et s'est installé de même.

 

C'est curieux comme le prêtre et le docteur, avec leur tête de vache, se ressemblaient. Mais ils ne se sont rencontrés qu'une fois. Et le prêtre est mort bien avant le docteur.

 

La Hojarasca, ces feuilles mortes, ce verbiage qui ne sert à rien, qui s'entasse sans aucun sens, les pensées qui suivent le vent, les déchets qui suivent le vent et s'entassent, tout est puanteur dans ce village où la mort stagne, alors qu'il eut un passé glorieux et florissant. Peut-être est-ce cela, que les villageois reprochent finalement à ce médecin égoïste et fou, de leur avoir apporté la mort, comme une absence de communication entre les gens, comme un terrain vague où tout s'amoncelle, là, par hasard, sans lien aucun ?...

 

19/02/13

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