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13 Apr

Le vrai Soi

Publié par Françoise Heyoan  - Catégories :  #Textes à méditer

 

La vérité se trouve quelque part au milieu de l'infini ( Siddharta)

 

 

 

Je sais bien que les bouddhistes estiment que le Moi est à vaincre pour laisser parler en Soi l'étincelle divine qui se cache en chacun de nous... Je ne suis pas loin de penser la même chose, mais il me semble malgré tout que le Moi est digne d'intérêt, non pas pour me centrer sur ma petite personne, bien entendu, mais parce que ce Moi peut revêtir différentes significations et que je trouve intéressant de les explorer, de les comprendre, de les cerner, pour me comprendre et me cerner moi-même...Ce faisant, je sais que je fais du bien à ceux que je touche, et cela me paraît primordial.

 

Le nombre de fois où, pendant ma pratique d'enseignante, je suis contrainte de dire à des jeunes : Ne t'occupe pas des autres, parle pour toi ! Ou : je ne te parle pas de quelqu'un d'autre, je te parle de toi !... Sans cesse, pour échapper à une éventuelle accusation pas même encore formulée, qui les placerait d'eux-mêmes dans une position de culpabilité, ils se décentrent pour ne se focaliser que sur ce qui se passe autour d'eux, chez les autres...

 

Le nombre de fois où des adultes refusent de voir leurs propres mécanismes, pour ne s'en prendre qu'aux défauts des autres, ou à ce qu'ils leur reprochent... Mais qu'est-ce qui, au fond de nous, face à telle personne, face à telle réaction, nous empêche de supporter ce qui se passe ?...

 

Certaines philosophies ou approches religieuses nous apprennent qu'il est égoïste de penser à soi... Ah oui ? Alors, comment fait-on pour ficher la paix aux autres, dans ce cas ?... Car plus on s'occupe des autres, moins on s'occupe de soi, et plus on sombre dans le n'importe quoi relationnel, non ?... Les médisances, les mensonges, l'agressivité, bref ! On emballe le tout dans un paquet cadeau, lorsqu'on le sert en plus avec le sourire !...

 

Je sais que, pendant toute une partie de notre vie, et parfois même durant toute notre vie, nous pensons être un Moi authentique, avec nos goûts, nos passions, notre caractère propre, notre façon de penser et de voir... Je ne vais pas parler des autres, puisque je ne suis pas à leur place. En ce qui me concerne, je sais très bien que je me suis fait un certain nombre d'illusions sur moi-même, pendant toutes ces années et jusqu'à ces dernières années, où je me rends justement compte que certaines options me permettent de me retrouver moi-même, alors qu'il est si aisé de se perdre sans le savoir !...

 

Disons que je vois le Moi comme un personnage habillé de plusieurs couches de vêtements. Lorsque nous naissons, nous venons au monde dans la nudité. Nous sommes alors un vrai Moi qui s'ignore, mais qui arrive avec tous ses héritages, qu'ils soient d'ordre génétique, familial, tribal, historique, environnemental, ou social... Peu à peu, nous apprenons à vivre en nous calquant sur ceux que nous aimons, puis en réfutant ce qui ne nous convient pas... Mais chacun sait le poids de l'éducation, le poids du groupe social dans lequel nous nous trouvons. Certaines personnes qui comptent pour nous savent, ô combien ! , nous convaincre de choisir des voies qui, pourtant, a priori, nous sembleraient bien dangereuses. Mais, convaincus de bien faire, soutenus ou influencés ou habilement manipulés, alors même que nous n'y voyons que du feu et que nous sommes persuadés d'avoir fait nos propres choix, nous avançons joyeusement sur ces chemins périlleux... Ils ne sont pas périlleux parce qu'ils nous feraient simplement courir des risques, car il est bien entendu nécessaire de courir des risques pour grandir et apprendre à vivre, mais parce qu'ils nous éloignent de notre véritable Moi, celui avec lequel nous nous sentirions vivre dans une douce harmonie. Je parle de douceur, et je pense que c'est le maître-mot.

 

Aujourd'hui, tant que je ne ressens pas quelque chose qui ressemble à de la douceur, dans ma vie, quel que soit le secteur concerné, je m'interroge : qu'est-ce qui m'éloigne de mon vrai Moi dans ce domaine, pour que je me sente autant malmenée ? Et je réfléchis, jusqu'à ce que je comprenne ce qui m'a éloignée jusqu'ici de moi-même, afin d'y remédier, dès que je pense avoir compris. Ce n'est pas toujours une décision facile à prendre... D'ailleurs, c'est souvent après-coup que je me rends compte si j'ai pris la bonne décision, ou si je n'ai fait qu'un pas, et dans quel sens je l'ai fait : me suis-je rapprochée de moi-même, de la douceur de vivre, ou m'en suis-je encore éloignée ?

 

Tout se passe comme si des vêtements m'avaient été généreusement offerts au fil de ma vie, au fil de mes amours, de mes amis, de mes rencontres, mais qu'ils ne soient pas tout à fait à ma taille, qu'ils m'en donnent seulement l'illusion... Du coup, je les ai acceptés, les croyant miens, et m'appliquant à me transformer pour qu'ils me correspondent mieux. Ce faisant, j'ai trahi mon vrai Moi, sans le savoir... Je me suis juste sentie de plus en plus mal dans ma peau, plus à l'étroit ou plus perdue... Il a fallu des années de réflexion, de prises de conscience parfois douloureuses, mais aussi de doux accompagnements et de belles, voire de magnifiques rencontres, pour que peu à peu, je me rende compte que tel vêtement ne m'était pas adapté, que je l'avais accepté sans en mesurer les conséquences, et qu'il fallait m'en débarrasser absolument, si je voulais me retrouver moi-même... Et ainsi de suite, jusqu'à ce que toutes les pelures de l'oignon qui me faisait pleurer tombent... Mais sont-elles toutes tombées ? Je ne sais... Ce que je sais, c'est que plus j'avance dans ma vie, plus je me sens en doux accord avec moi-même, et que mes proches s'en ressentent... ou ceux qui m'entourent, ou que j'entoure... et rien n'est plus doux que de distribuer du bonheur autour de soi... N'est-ce-pas ?

 

12/04/11

 

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