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02 Dec

OPALE VENISE IRISEE - chapitre 5

Publié par Françoise Heyoan  - Catégories :  #Roman

 

5

 

 

- Attends !

Son chef le rappelait encore une fois...

- T'as eu le temps de passer chez toi ?

- Chez moi ? Luigi eut un petit sourire dérisoire. Avait-il encore un chez lui, après sa séparation d'avec la femme qu'il aimait toujours ?... Quelle bêtise !

- Non !

- Tu devrais, t'as une tête à faire peur !...

Il haussa les épaules, de mauvaise humeur. De toute façon, il n'avait plus personne à qui plaire, alors... Et il avait du boulot ! Par-dessus la tête !... A croire que tout débordait, en ce moment ! Ça devait être la saison qui voulait ça !...

 

 

Il repensa à cette fille. Une allure de chat mouillé, mais avec toute cette flotte, c'était le cas de tout le monde, non ? Plutôt petite... Cependant, de sa taille à lui, tout le monde paraissait nain. Ça n'était pas un critère. Même la couleur de ses cheveux n'était pas identifiable. Tous les cheveux fonçaient, une fois mouillés... Mais elle était la fille de la photo, il en était sûr. Devait-il la chercher ? Ou laisser tomber ? Après tout, qu'est-ce que ça pouvait bien lui faire ? Il avait d'autres... chats, à fouetter !...

 

 

 

D'un autre côté, si Matteo lui en avait parlé et lui avait laissé la photo, c'est qu'il comptait sur lui pour un prochain papier... Hé bien ! Ce n'était vraiment pas l'urgence. Et vue sa manie de lui coller à la trace, c'est elle qui le retrouverait, il aurait pu le parier ! Il n'était que temps d'aller transférer ses photos sur son ordinateur pour les envoyer, et de joindre Oriano pour le texte. Dès qu'il s'assit, il sut qu'il ne pourrait résister longtemps au sommeil...

 

 

***************

 

Un faux mouvement la précipita par-dessus bord. Le gondolier retint son rire au milieu des miettes de son deuxième sandwich, se précipita pour saisir sa perche et la lui tendre. Elle s'accrocha, se hissa lourdement sur l'embarcation qui gîta dangereusement. Elle se remettait à peine qu'elle entendit un énorme rire fuser. Son chauffeur n'en pouvait plus... Elle lui jeta un regard assassin et devant son air bon enfant, elle sourit et finit par joindre son rire au sien. Elle riait tout en claquant des dents. Son maquillage avait coulé et elle faisait peur à voir. Il chercha une couverture, la lui enroula autour des épaules et redevint sérieux, même si une flamme d'amusement dansait encore au fond de ses yeux noirs :

- Sans rire ! Il faut me dire où je vous dépose maintenant. Je vous ai trimballée toute la journée, mais la nuit ne va pas tarder à revenir, et peut-être la pluie aussi. Il ne faut pas que vous passiez de nouveau vingt-quatre heures dehors... Et moi, je dois rentrer chez moi. Je suis fourbu !

Elle le fixait sans remuer. Il avait raison, bien entendu. Mais... rentrer ? Rentrer ? Quels mots curieux...

- Vous avez qu'à me laisser là, c'est rien, j'habite pas loin...

- Là ? Où ça... Hééé !

 

 

 

Elle recommençait à passer par-dessus bord, il la retint juste à temps...

- Ma parole ! Vous êtes folle !

- Faut pas vous inquiéter ! J'y vais !

Il la retint plus fermement.

- Pas question ! Je ne vais pas vous laisser dans cet état !

- Qu'est-ce qu'il a mon état ?

Un pompier, alerté par le bruit et le chahut, s'approcha.

- Que se passe-t-il ? Besoin d'aide ?

- Non ! lança-t-elle.

- Si ! Cette jeune-fille a passé la nuit dehors et la journée dans mon bateau et ne veut pas me dire où je dois la conduire pour rentrer chez elle...

Cependant, elle ne restait pas inactive et après avoir tout tenté pour échapper à sa poigne d'enfer, elle lui mordit méchamment la main et sauta dans le courant opaque.

 

 

02/12/12

 

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