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03 Jan

Poésie maritime

Publié par Françoise Heyoan  - Catégories :  #poésie

J'ai retrouvé les deux poèmes qui suivent en faisant du rangement... Comme quoi, ça peut être intéressant, de ranger...
Ils correspondent à un séjour en Bretagne effectué fin octobre de cette année-là : 2008.
J'ai calligraphié le premier, à l'époque, mais comme il est peu lisible, je l'ai tapé et vous le livre à la suite. Bonne lecture !...

1-Poeme-calligraphie.jpg

TERRE-MER

 

Par défaut, la mer se déploie sur le contre-jour des berges noires

et profondes comme une encre de Chine au Levant.

Calme houle du large elle mange d'écume les roches sombres

qui se dévoilent à marée basse. Un navire fantôme casse la ligne

d'horizon incongru inutile immobile infini.

Un pêcheur en youyou longe sans heurt les ajoncs en fleurs,

gouttes de soleil sur le bleu-vert clair de la mer rythmée de reflets blancs en mouvance. Tranquille bruit de basse du moteur qui se

/disperse

à la hâte dans le silence immense. Une mouette se détache

vertige du rocher noir où dorment ses congénères. Elle ose son cri

qui affole mon cœur déjà affaibli par la beauté de l'heure

et qui hurle à la fois en secret sa joie d'être là.

D'appartenir à l'éternité de cet instant.

De se fondre dans l'eau de cette clarté trompeuse cernée d'ombres

annonciatrices des sous-bois au retour. A peine le lande détournée

de ses dalles glissantes, tu pénètres dans le bois noir

protecteur des carcasses mourantes au creux des criques,

antiques chalutiers dévorés d'ennui et d'humidité. Derrière le parasol

d'un chêne découpé en ombre chinoise, l'éclaboussante lumière du port

endormi accroche ton regard. Air pur, eau limpide, terre détrempée,

futaie tapissée de lichen, rochers calfeutrés de noir goémon gonflé

nous mènent aux géants châtaigniers qui nous offrent leurs fruits par /milliers.

Elfes et lutins, dissimulés à l'abri des hautes fougères, n'ont pas /encore tout récolté.

Par défaut, la mer se déploie sur le contre-jour des berges noires

et profondes comme une encre de Chine au Levant.
Pas un défaut, tout est parfait.

31/10/08

Retour de Bretagne

 

 

MER

 

Avoir conscience de mon immensité

presque infinie

Comme de chaque goutte

illimitée

A tout instant, tel est mon lot

C'est cela qui

vous envoûte et qui déroute

les marins

dont je me fous. Je préfère me focaliser

sur les fonds

du même nom

le mien.

Tout ce que je touche

est à moi

tout ce qui me touche

est mien

Que le vent effleure mes touches

je joue

Que le noir empoisse ma houle

je boue

d'une colère noire

à ne plus voir

le ciel dans mon miroir

Ne mêlez pas vos larmes salées

aux miennes

mon rimel

est mortel

Trop tard

pour la vie

infinie.

11/11/08

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