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10 Oct

Sainte-Jeanne-des-Abattoirs, de Brecht, à Lons fin septembre, à Juraparc

Publié par Françoise Heyoan  - Catégories :  #Articles de journal

 

Jérôme Lamonica fait partie du groupe Spirale, compagnie amateur fondée à Voiteur, dans le Jura, par Yves Gilles et une poignée d'amis depuis 1993. La particularité du théâtre Spirale, nous confie Jérôme, est de se doter chaque année d'un metteur en scène professionnel. Une autre de ses particularités, c'est de monter aussi bien des pièces contemporaines que des classiques. Cette année, avec Christophe Vincent, ils ont opté pour un projet ambitieux : mettre en scène Sainte-Jeanne-des-Abattoirs, de Bertold Brecht. Pourquoi ambitieux ? Parce qu'il fédère une compagnie professionnelle et quatre troupes amateur, dont une chorale ; en tout quarante personnes dans un lieu à la mesure du théâtre épique de Brecht...

 

POINT DE VUE : Jérôme Lamonica, comédien de la compagnie amateur Spirale :

 

« Ça fait deux ans qu'on couve ce projet, avec Christophe, explique-t-il. Nous avons tout de suite eu la volonté de renforcer la mixité entre professionnels et amateurs. Pour nous à Spirale, le défi à relever était de nous trouver confrontés à un rythme professionnel... » Challenge réussi ? « Je ne sais pas... On verra à la fin du mois, lors des représentations*. » Il ajoute qu'il y a « parfois LE bon moment pour mener à bien un projet. Les Collectivités locales nous ont suivis, ce qui était indispensable, sur le plan financier. Mais au départ, c'est l'envie qui nous a guidés. On commence et on verra bien !... »

 

POINT DE VUE : Christophe Vincent, le metteur-en-scène professionnel

 

« C'est un projet d'une envergure énorme. La mise-en-scène est d'autant plus compliquée que nous n'avons pu disposer du lieu qu'à la dernière minute. Les comédiens devaient se projeter pendant les répétitions. Quarante comédiens sur le plateau, c'est le théâtre épique par définition et aujourd'hui plus que jamais, je veux travailler pour ce théâtre-là. Un théâtre où le héros n'existe pas, ou seulement par sa confrontation avec les autres... Un théâtre difficile à faire passer au départ. Je travaille à le rendre visible et accessible à tous... »

Christophe Vincent a fondé la compagnie professionnelle Cinématique Théâtre en 2004. Il travaille dans l'optique de mêler différents arts sur la scène, comme le cinéma, le chant, la danse... Son écriture pour le théâtre est très souvent proche d'un scénario de film.

Pourquoi Brecht ? Et pourquoi cette pièce-là, de Brecht ? « Tout d'abord, parce que le thème est complètement d'actualité : la crise économique et la violence sociale qui en découle. » Brecht est aussi le théoricien de la mise en scène. C'est lui qui crée la distanciation, ou l'impossibilité pour le spectateur de s'identifier à un personnage afin de permettre à son esprit critique de s'exercer...

 

POINT DE VUE : Claire Mairet, comédienne professionnelle

 

« J'ai été pressentie pour le rôle dès le début. J'ai l'habitude de travailler avec Christophe, même si j'ai fondé ma propre compagnie Deux Pièces-Cuisine. J'adore travailler avec lui. Il a un oeil cinématographique que moi, je n'ai pas... »

 

POINT DE VUE : Claude Mairet, musicien, compositeur, arrangeur

 

« Ça fait déjà quelques années qu'on est complices, avec Christophe. Je lui donne un blanc-seing...Pour Sainte-Jeanne, Christophe a voulu des ambiances, un univers sonore qui permet d'éprouver des émotions pendant le jeu des acteurs. La distanciation, c'est aussi une manière de gérer ses émotions, ça peut inclure des décalages... Surtout dans la manière dont Christophe traite le transport du son sur scène... Il montre que l'on donne une atmosphère factice, en transportant le son dans une boîte, apportée par un personnage, sur scène. »

 

POINT DE VUE : Julien Henrici, comédien de la troupe amateur Les Polochons

 

« Nous sommes une petite troupe située à Baume-les-Messieurs, nous ne sommes que six. Nous avons déjà un metteur-en-scène professionnel, Alain Aigle, mais c'est lui-même qui nous a incités à nous engager dans le projet de Sainte-Jeanne avec les autres compagnies. Le fait de travailler avec des professionnels nous donne plus de rigueur dans le travail, une autre vision du théâtre, du jeu des acteurs, par exemple lorsqu'on regarde Chantal Mairet, on apprend à être plus juste, dans les gestes, l'attitude, l'état du personnage immergé dans le contexte de la pièce... »

 

POINT DE VUE : Francine Gaonach, chef de choeur, de la chorale amateur Les Voix de la Seille

 

« C'est Claude Mairet qui a écrit la musique pour la pièce. Il devait allier la beauté du chant et le côté pratique lié aux déplacements sur scène. Au début, pour nous, ça a été dur. Puis on prend vraiment du plaisir, on se prend au jeu, pourtant, on n'a jamais joué... »

 

Une choriste : « Nous, on avait l'habitude de chanter de manière statique, avec notre chef de choeur en face de nous. Il a fallu apprendre à chanter en marchant, et c'est pas facile. On s'est tous pris au jeu... »

 

POINT DE VUE : Didier Marchal, régisseur lumières, appartient à la Compagnie Cinématique Théâtre

 

« Techniquement, c'est difficile. Ce n'est pas un théâtre, il n'y a donc pas d'accroches pour poser les spots. Et il n'y a pas de décors, la lumière doit donc à elle seule créer les ambiances. Dans Brecht, la lumière était montrée pour permettre la distanciation. Je réfléchis... »

 

POINT DE VUE : les ouvriers, appartenant à diverses troupes

 

« La soupe n'est pas bonne...Elle est surtout rare ! On nous promet du travail, mais on se fait avoir... On est exploités, mais à la fin... »

 

AU-DELA DES DIFFERENTS POINTS DE VUE,

L'UNANIMITE SUR CE QU'ILS APPELLENT TOUS

« UNE GRANDE AVENTURE HUMAINE »...

 

« Un bonheur d'être dans ce genre d'aventure... Quarante ensemble, tous dans le même bateau, tous impliqués... » Claire Mairet, comédienne professionnelle.

 

« Une grosse aventure humaine avant tout. Il a fallu apprendre à travailler ensemble et à se connaître... Ça doit être difficile pour le metteur-en-scène, mais il le fait bien, c'est un pro. Quand on y sera arrivés, ça sera une grosse satisfaction. Tout a été imaginé par Christophe. Il a toutes les images dans sa tête. Ensuite, chacun doit construire son personnage en trouvant ses accessoires, même si certains costumes ont été achetés, par exemple, ceux des Chapeaux Noirs...» Aurélie la présidente de Spirale, compagnie amateur.

 

« Avant tout une grande aventure humaine. Ça sera vraiment un très, très bon souvenir... Une satisfaction personnelle, car même en tant qu'amateur, on arrive à tirer son épingle du jeu. C'est valorisant. » Julien Henrici, de la troupe amateur Les Polochons.

 

« C'est une grosse aventure humaine, à quarante personnes. On ne se connaissait pas tous. On a appris à se découvrir. C'était un gros défi, la cohésion de l'ensemble... Si on n'éprouve pas de plaisir, ça ne marche pas. Ça y est, tout le monde y est. La chorale aussi, pas forcément évident au départ... Ce qui a fait la différence : les week-ends qu'on a passés ensemble... On a gagné ! » Jérôme Lamonica, comédien de la troupe amateur Spirale.

 

 

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