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21 Sep

Aimer chacun de ses actes

Publié par Françoise Heyoan  - Catégories :  #Journal

Aime chacun de tes actes...



C'est ce que me répète la Voix de la sagesse depuis un certain temps... OK. Je veux bien faire un effort pour ne serait-ce que prendre conscience si, au moment où je le fais, j'aime ce que je fais.

Cette semaine, je me suis rendu compte que les Chinois n'avaient pas tort, avec leur histoire du yin et du yang. D'habitude, je déteste faire la vaisselle ? En fait, c'est plutôt apaisant de brasser l'eau et de faire un bel évier après. On peut même rêvasser, et ça, je suis sûre que j'aime !

Hier, j'ai passé mon dimanche après-midi à faire quelque chose que j'adore, et pour laquelle je rongeais mon frein depuis une pleine semaine... Lorsque nous avons décroché nos tableaux à l'expo de la Congrégation à Poligny, la secrétaire de notre association d'artistes nous a demandé qui voudrait exposer pour la Percée du Vin Jaune en février, dans la même ville. Elle a donné les thèmes : le comté, le vin et le vignoble et je ne sais pas pourquoi, mais je me suis dit que ça m'amuserait beaucoup de m'y plier.

Depuis, j'ai eu la chance de recevoir ma commande de rouleaux de papier aquarelle et donc de pouvoir choisir mon format. J'ai opté pour ce qu'on appelle le format panoramique ( 52 x 150 cm vertical). Pas pu m'y mettre le premier jour du week-end : trop d'obligations ce jour-là. Attendu le dimanche ! Et là, j'ai commencé après une recherche documentaire qui m'a pris deux heures, à peindre vers 10h30. Je me suis arrêtée une demie-heure, le temps de manger. C'est tout. J'ai fini à 20h... Fini, fini !

J'ai malgré tout pris une ou deux pauses dans l'après-midi, le temps de prendre un thé rouge et un de mes chats sur les genoux ( et pas l'inverse), car c'est pour moi le symbole du bon temps lorsque je suis en congé...

Le soir, j'étais fière – ne serait-ce que d'avoir fini ! - et je trouvais mon tableau plutôt réussi. Il plaisait aussi à mes enfants et ma fille m'a lancé : Il va plaire, ton tableau ! En tout cas, c'est ce que j'espère...

J'avais passé une journée toute tendue dans l'accomplissement de ma tâche. Nous avions dû pique-niquer le midi avec les enfants sur la table basse parce que j'avais dû mobiliser la grande table pour y fixer le papier qui risquait de rouler et que je ne pouvais déplacer... 

Et quand je me suis redressée d'au-dessus de ma peinture et que j'ai voulu faire quelques pas, j'ai ressenti un mal de dos insupportable... J'étais trop longtemps restée pliée au-dessus de mon œuvre... Ça m'apprendra à faire des assouplissements pour détendre mes muscles !

Je ne sais pas si c'est le fait de faire la vaisselle ou d'apprécier l'apaisement de l'eau, ou si c'est le fait de peindre ou d'avoir mal au dos qui correspond au yin ou au yang, mais il y a des deux, c'est sûr... chaque fois, une dominante est aussitôt corrigée par le versant délaissé. Dans ce cas, que signifie aimer chacun de ses actes ?

Je sais depuis longtemps qu'il y a du bon et du moins bon dans toute situation et que tout n'est que question de point de vue... Mais de là à la pratique...

Dans Dialogue avec l'Ange, Gitta Mallazs écrit quelque chose comme : La maladie, c'est ce que tu retiens. En fait, il s'agit d'une émotion, ou d'un train d'émotions que nous retenons en nous, que nous cachons, que nous nous retenons d'exprimer – sans doute parce que ce serait si explosif qu'on craindrait que cela nous détruise instantanément, et avec nous, tout ce qui gravite autour ?

Guérir, ce serait dans un premier temps retrouver ces émotions ainsi que les événements et les personnes liés à leurs origines. Mais tous ceux qui ont suivi une psychothérapie par exemple savent bien que prendre conscience est une étape indispensable mais totalement insuffisante pour guérir. La seconde étape serait, je pense, liée au point de vue. Pour schématiser, si notre vécu nous a donné une émotion yin, il est nécessaire de trouver le versant yang de cette expérience – ou inversement - pour en apprendre l'essentiel et pouvoir passer à autre chose... C'est une réflexion qui peut s'amorcer grâce à une aide extérieure mais qui ensuite est profondément personnelle. Et je pense qu'il est facile de savoir si on a vu juste ou pas : le corps est là pour en témoigner...

Je me rappelle une amie qui m'avait invitée chez elle un soir où j'étais très affaiblie par une grippe. Je faisais tous les hivers collection de grippes, angines et autres bronchites depuis l'enfance. Là, c'était le nez qui était très pris. Elle m'a plongé dans un état de relaxation profonde, ce que je savais faire après de longues années de yoga. En revanche, ce à quoi je ne m'attendais pas, c'est qu'elle me demande de répondre à une question dans cet état. La question a d'abord mis longtemps à traverser les couches de mon être pour me parvenir là où j'étais : Qu'est-ce que tu ne peux pas sentir ? Après un étonnement sans pareil, je me suis mise à réfléchir avec beaucoup de difficulté, au ralenti... Puis j'ai dit avant que je maîtrise ma parole : L'intolérance. Elle m'a demandé qui m'avait appris cela. Je fus bien obligée de répondre : Mon père. Pourquoi ? Parce qu'il était intolérant. Un long silence puis : Est-ce que tu l'as remercié ? Alors là, le plafond aurait pu s'effondrer sur moi, je n'aurais pas été plus surprise. Le remercier ? Pour ça ? Pour avoir si souvent été intolérant devant moi me concernant et concernant de si nombreuses personnes ? Où est le remerciement ? Et de nouveau, sa voix, depuis le point lointain d'où elle me parvenait, bien que je la savais penchée au-dessus de moi : Tu peux le remercier de t'avoir appris la tolérance. Tu as compris que c'est grâce à lui que tu l'as apprise ? Je n'ai rien répondu mais j'avais compris... Je savais que j'avais appris quelque chose d'essentiel. Depuis aussi, il m'arrive d'avoir un rhume ou une grippe l'hiver. Rien que de très normal. Je n'ai  plus jamais souffert d'angines ou de bronchites. J'ai revu mon amie un an  plus tard. Elle en était elle-même surprise, car elle savait que les effets de la thérapie pouvaient être seulement de courte durée... Et non, je pense qu'elle avait mis le doigt sur une pratique très très efficace... Nous nous sommes perdues de vue, mais je lui suis toujours reconnaissante de ce qui s'est passé ce soir-là. Il y a dix ans de cela. Et c'est aujourd'hui, que je prends conscience que je peux continuer à améliorer ma santé de cette manière-là. Car mes émotions anciennes, celles que j'ai tues, je les ai découvertes. Il me reste à chercher le yang – ou le yin – de mes expériences anciennes pour expliquer à mon corps que j'ai compris la leçon... Du moins, je l'espère...

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Adrien 23/09/2009 22:28


Super ce texte, ça doit marcher pour plein de chose.
Bisous


Françoise Heyoan 24/09/2009 06:54


A quoi tu penses, par exemple ?


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